Méthode Coué ?

|

Le premier semestre va s'achever. Sans soleil, sans croissance et sans beaucoup d'espoir. Les consommateurs n'ont pas le moral, les ventes du non-alimentaire sont inquiétantes et celles de l'alimentaire stagnantes. Des PME affrontent de réelles difficultés économiques, des magasins ferment et des enseignes se demandent si elles vont « passer l'hiver ». Et malgré tous ces faits et chiffres, il convient de ne pas tomber dans la sinistrose. Si tous les dirigeants prévoient un second semestre de crise, ne font que revoir leurs budgets à la baisse et sabrent dans leurs investissements, la catastrophe supputée deviendra réalité. Non, c'est justement parce que les temps sont durs qu'il faut se retrousser les manches et « positiver » quelque peu.

C'est parce que les temps sont durs qu'il faut « positiver » et ne pas uniquement se focaliser sur les mauvaises nouvelles. 

Il convient d'abord de ne pas se focaliser sur les seules mauvaises nouvelles. Il en existe aussi des bonnes et des rassurantes. Les Français, par exemple, ont toujours un taux d'épargne très enviable. Il faut donc les inciter et même les convaincre à dépenser plus. Et contrairement à ce qui a été annoncé par certains, la France ne suit pas le chemin de la Grèce. Mieux, l'Espagne montre quelques signes de redressement. Des secteurs recrutent encore. Pire, ils ont du mal à trouver les bons profils ! Sans oublier que des entreprises affichent toujours de belles croissances. Il s'agit généralement de leaders indétrônables, de marques bien positionnées sur des marchés de niche, ou d'entreprises jouissant de véritables savoir-faire opérationnels. Quant aux innovations - les vraies, celles qui apportent véritablement un plus -, elles finissent toujours (ou presque) par s'imposer. Comment oublier que les Français ont eux aussi besoin de se faire plaisir, de s'offrir un petit moment de bonheur (dosettes de café, foie gras...). Que les questions de santé et de sécurité alimentaire finiront bien par reléguer au second plan la chasse aux prix toujours plus bas. Que la déconsommation n'a rien à voir avec le consommer mieux ou autrement. Le premier étant une régression et le second une progression.

Alors bien sûr, il s'agit là de la bonne vieille méthode du docteur Coué. Émile, de son prénom, donna naissance à la pensée positive, à l'autosuggestion ou à l'automotivation. Si l'on peut émettre quelques doutes sur la véracité scientifique de sa thèse, il convient de reconnaître que si les dirigeants, du PDG au chef de rayon, du président au directeur des ventes, n'ont plus le moral, s'ils abandonnent toute velléité de croissance, s'ils deviennent fatalistes, il est fort probable que les équipes finiront par baisser les bras. Qu'elles ne feront pas le petit effort supplémentaire, qu'elles ne resteront pas quelques minutes de plus avec le client, qu'elles n'arboreront pas le sourire qui fait la différence, qu'elles n'iront pas chercher la croissance « avec les dents »... Plus que jamais, il est nécessaire de s'accrocher à ce qui fonctionne, de valoriser les projets prometteurs, de faire comprendre que travailler autrement ne veut pas dire travailler plus, et de tout mettre en place pour inciter l'esprit d'initiative afin de bannir la résignation. Et dans ces conditions, mais seulement dans ces conditions, le second semestre ne sera pas uniquement semé d'embûches, mais recèlera aussi quelques espoirs.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 2283

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous

 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA