Michel-Edouard Leclerc détaille son plan pour contrer Amazon

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Dans une interview accordée à RMC et BFMTV, le président des centres E.Leclerc, annonce l'unification des sites internet du groupement sous un même portail, dès le printemps. Le but ? Devenir l'Amazon français d'ici 10 ans et affronter le géant dans l'alimentaire et le non-alimentaire.  

MEL annonce l'unification de l'ensemble des sites internet de l'enseigne, dès le printemps
MEL annonce l'unification de l'ensemble des sites internet de l'enseigne, dès le printemps

"Amazon, même pas peur". Cette déclaration effectuée par Michel-Edouard Leclerc, à la mi-février 2020, lors des résultats annuels d'E.Leclerc, se matérialise concrètement. Dans une interview accordée mercredi 11 février 2020 à nos confrères de RMC et BFMTV, le président des centres E.Leclerc a détaillé sa stratégie pour devenir un acteur dominant dans le paysage du commerce électronique français.

Ce dernier a annoncé l'unification de l'ensemble des sites internet de l'enseigne, dès le printemps, afin de répondre au défi lancé par la firme de Seattle : "Tous les sites internet de E.Leclerc –via lesquels on réalise déjà plus de 3 milliards d’euros de chiffres d’affaires- vont être unifiés sous un même portail pour partir à la conquête d’Amazon sur l’alimentaire et le non-alimentaire", a notamment déclaré MEL. Le but de la manœuvre ? Devenir un leader du marché : "je pense que Leclerc sera l'Amazon Français sous dix ans, avec des salariés et des experts en plus".

Déclaration d'indépendance

Une annonce qui découle d'une suite logique : lors de la présentation des résultats annuels du distributeur, le groupement prévoyait déjà le lancement d’un portail unifié de ses offres commerciales sous enseigne avec un développement dans les secteurs non alimentaires comme par exemple le multimédia, la culture, le bricolage ou le jardinage. Ce déploiement initialement prévu pour le second semestre 2020, semble selon toute vraisemblance s'accélérer.

Au cours de l'entretien donné aux médias nationaux, Michel-Edouard Leclerc a également réaffirmé la volonté du distributeur de rester indépendant et de refuser tout type d'alliance retail-tech. Avec Amazon, bien sûr, mais aussi Google : "on va rester Leclerc, on va rester indépendant et on va rester français", a-t-il affirmé. MEL balaie également d'un revers de la main les éventuelles supputations relatives au développement de l'automatisation des caisses : "les magasins sans caisse, ce n’est pas pour nous", avançant, au passage le chiffre de 3000 emplois créés cette année par le distributeur. Il exclut aussi toute velléité à se lancer dans la course à la livraison en deux heures : "ce n’est pas ce qu’attendent nos clients, qui habitent beaucoup en province et qui n’ont personne à la maison pour récupérer les courses."

En tout état de cause, E.Leclerc entend bien accélérer sur le digital. Un segment en plein essor, au regard des derniers résultats financiers de l'enseigne : le circuit internet, incluant le drive, a contribué à hauteur de 23,8% à la croissance des ventes du groupement, soit une hausse de 8,6%. Les sites marchands de l'enseigne ont vu leurs ventes gagner 31%, le circuit drive progressant lui de 6,8%. L'année 2019 a aussi été celle du déploiement de nombreux drive piétons. Au total, le distributeur a réalisé un chiffre d’affaires de 3,5 milliards d’euros en ligne.

 

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