Michel-Edouard Leclerc et la loi Macron: "Nous n’hésiterons pas à porter le débat sur le terrain médiatique et politique. Tout est prêt".

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Certains points de la Loi Macron irritent fortement Michel-Edouard Leclerc. Il s’en explique dans une longue interview à paraître dans le magazine LSA dont voici un extrait.  

«Je ne sais pas ce qui justifie cette urgence à légiférer», déclare à LSA Michel-Edouard Leclerc
«Je ne sais pas ce qui justifie cette urgence à légiférer», déclare à LSA Michel-Edouard Leclerc© © Laetitia DUARTE FILET

Dans une interview à paraître cette semaine dans le magazine LSA (daté du jeudi 26 mars 2015), Michel-Edouard Leclerc fait le point sur un grand nombre de sujets: les perspectives 2015, la guerre des prix, les négociations commerciales 2015, le drive, les rénovations de magasins, la réorganisation interne, les alliances entre distributeurs, le «mercato» des magasins…   Et bien sûr, la future loi Macron. Voici les propos de Michel-Edouard Leclerc sur le volet «affiliation» du texte du ministre de l’économie. 

POURQUOI AFFICHEZ-VOUS UNE TELLE OPPOSITION À LA LOI MACRON ET NOTAMMENT À SON VOLET AFFILIATION ? EN QUOI EST-CE UNE QUESTION DE SURVIE POUR VOS ENTREPRISES ?

Je ne sais pas ce qui justifie cette urgence à légiférer, sans contradictoire et sans étude d’impact, mais de toute façon ce n’est pas la durée des contrats d’affiliation qui nous pose problème. La loi Macron va plus loin. Elle oblige, d’ici à deux ans, à réduire à neuf ans tous les engagements librement consentis entre adhérents, ainsi que les engagements des coopératives, y compris à l’égard des tiers financeurs. Ce n’est pas la liberté contractuelle qui est défendue, c’est la liberté d’association et la capacité d’investir ensemble qui est menacée.  Quel banquier accepterait d’accompagner des investissements lourds de groupements de commerçants ainsi fragilisés ? Tous les grands argentiers du secteur, Indosuez, Crédit Agricole, le Crédit Coopératif, Natixis, le Crédit Mutuel et la BPI sont en train de réagir et ne font pas mystère de leur propre inquiétude sur leurs engagements dans le commerce associé. Heureusement, on semble revenir à une forme de rationalité.

COMMENT EXPLIQUER ALORS L’INSISTANCE DU LÉGISLATEUR ?

A qui profite le crime, si ce n’est à un groupe de pression qui voit dans ce dispositif l’occasion d’accaparer des pans entiers de réseaux indépendants. Ce dispositif Macron favoriserait  évidemment tous les franchiseurs du commerce intégré mais aussi des groupes étrangers si l’envie venait à des  Tesco ou Wal-Mart, par exemple, de s’implanter en France. Les pouvoirs publics vont-ils être complices de cette OPA sur le commerce indépendant français ? Au Sénat, et même désormais à l’Assemblée, des parlementaires de tout bord commencent à prendre conscience qu’ils pourraient être instrumentalisés. Nous voulons désormais un engagement clair de la part du gouvernement. Je ne suis pas demandeur d’une opposition frontale, mais à défaut, E.Leclerc n’hésitera pas à porter le débat sur le terrain médiatique et politique. Tout est prêt. Lire la suite de l'interview

 
 

 

 

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