Michel Prugue, président du groupe Maïsadour : « l’exercice 2015-2016 a été particulièrement douloureux

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Au lendemain de l’assemblée générale du groupe coopératif Maïsadour, qui s’est tenue le 6 décembre à Saint-Pierre-du-Mont dans les Landes, Michel Prugue est revenu pour LSA sur l’exercice 2015-2016, « particulièrement douloureux », dit-il.  

Michel Prugue, président du groupe coopératif Maïsadour
Michel Prugue, président du groupe coopératif Maïsadour ©Laetitia Duarte

« Parmi les principales caractéristiques des entreprises coopératives, figurent la résilience et cette capacité à accompagner les adhérents quel que soit le contexte », déclare sans détours Michel Prugue. Pour le président de Maïsadour, cette précision a toute son importance après l’exercice 2015-2016 clôturé le 30 juin dernier et à l’issue duquel  le groupe affiche une perte de 20 M€.

«Vous, les journalistes, vous avez toujours tendance à voir ce qui ne va pas », lâche, non sans avoir complètement tort, Michel Prugue. Et d’insister sur ce que ces pertes représentent par rapport au chiffre d’affaires total du groupe (1,5 Mds €), à ses 8000 agriculteurs, ses 6000 salariés mais aussi au résultat net de la coopérative Maïsadour (7,7M€) au sein de laquelle sont réunies toutes les activités de production agricole (animale, semences, légumes …) et auprès de laquelle les filiales du groupe s’approvisionnent.

2M de canards en moins

Présent sur tous les maillons de la filière du foie gras, de l’accouvage à la transformation du produit,  le groupe coopératif, dont la production a été réduite de 2 M de canards,  a de fait subi de plein fouet l’épizootie d’influenza aviaire qui s’est déclarée à la fin de l’année 2015.  Près de 400 salariés ont pendant 4 mois été mis en activité partielle.

Mais l’épizootie d’influenza aviaire, si elle pèse lourdement dans cet exercice difficile, n’est pas seule en cause. Maïsadour se serait bien passé du désengagement de l’espagnol Abengoa. En grande difficulté financière, le premier  producteur européen d’éthanol biocarburant était jusque-là actionnaire à hauteur de 75% d’une usine  d’éthanol à Lacq. Les 25% restants de cette usine sont détenus par Maïsadour,  Euralis, et Lur Berri réunis au sein du holding Oceal.  L’usine de Lacq transforme chaque année 500 000 tonnes de maïs apportés par les coopératives du Sud-Ouest. «Ce désengagement nous a obligé à passer 3M € de provisions qui viennent donc grever les résultats du groupe », explique Michel Prugue.  Enfin la dévaluation de la monnaie en Ukraine et en Russie n’est pas sans conséquence sur l’activité semences du groupe qui a été également obligé de passer des provisions.

Des signaux positifs

Conséquence des difficultés, le groupe a cédé un abattoir au Canada à un opérateur américain le 1er avril 2016. « Cet exercice a été particulièrement douloureux mais nous restons raisonnablement confiant dans l’avenir », insiste Michel Prugue. Parmi les signaux positifs, le retour à la rentabilité de l’activité saumon, le déploiement du nouveau concept Comtesse du Barry avec l’ouverture de nouvelles boutiques à Lille, Compiègne, Paris et en février 2017 au Carrousel du Louvre. Au sein du pôle Gastronomie qui pèse près de 500 M€ de chiffre d’affaires, l’activité jambon poursuit son développement, notamment à l’international (Chine et USA).

« Le prochain exercice sera positif », assure Michel Prugue. Pour atteindre cet objectif, priorité à l’excellence opérationnelle. Autrement dit, les différentes équipes ont reçu pour consigne de se montrer particulièrement strictes dans leurs projets de développement et d’investissement.

 

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