Michel Sapin limite le paiement en cash à partir du 1er septembre

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Le ministre de l'Economie vient de signer le décret abaissant le paiement en espèces à 1000 euros à partir du 1er septembre pour les résidents, au lieu de 3000. Le but est de lutter contre la fraude et le blanchiment, voire le financement du terrorisme. Les touristes étrangers se verront aussi limités dans leurs dépenses en cash

Le ministre de l'économie veut lutter contre la fraude
Le ministre de l'économie veut lutter contre la fraude

Michel Sapin joue un remake de Francis Blanche dans sa célèbre formule "Touche pas au grisbi", signée Michel Audiard. Finies les espèces, la fraîche, l'oseille : le ministre de l'Economie ne veut plus que les Français paient leurs achats en cash, en tous cas pas au dessus de 1000 euros, alors que le plafond était fixé jusqu'alors à 3000 euros. La mesure ne touche que les Français dépensant en France. Ailleurs, les plafonds ne sont pas limités. Et pour les étrangers venant dépenser leur argent en France, il voit un peu plus large : 10 000 euros, mais il baisse tout de même le plafond qui était jusqu'alors à 15 000 euros. Le décret concernant les dépenses des étrangers n'a pas encore été publié, mais ça ne saurait tarder. 

"Tracer les opérations suspectes 

L'objectif de cette mesure est de limiter la part des transactions anonymes dans l'économie qui peuvent correspondre à des actions de fraude, de blanchiment, voire de financement du terrorisme. "La première volonté, c'est de faire reculer le cash et l'anonymat dans l'économie française. Nous avons besoin de pouvoir tracer les opérations suspectes très en amont. Il faut resserer les mailles du filet". Ces mesures ne font pas forcément l'affaire des commerçants. 

Arguments non recevables 

A la frontière de l'Allemagne, par exemple, il n'est pas rare que les Allemands viennent dépenser en liquide beaucoup plus que les 10 000 euros fixés. Idem pour les Chinois ou les Koweitis aux Galeries Lafayette ou au Printemps. "Nous n'avons pas été entendus, déplore en substance Claude Boulle, délégué de l'Union du commerce de centre-ville. Face à la lutte contre le terrorisme et au fisc, nos arguments n'ont pas pesé, alors que tous les moyens de rendre les transactions transparentes sont disponibles, y compris lors des paiements en espèces". Quand aux détenteurs de cash français, charcutier, plombier ou cordonnier, ils n'ont plus qu'à aller le dépenser à Londres, Berlin ou Rome, où les achats en espèces restent sans limite.  

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