Mieux profilés, plus colorés, roulez chariots !

Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer

équipement - En attendant les modèles équipés de lecteurs RFID, la « première vitrine du magasin » gagne en confort pour les consommateurs. Les versions en plastique confirment leur succès, et les chariots sont carénés comme des voitures.

Les fabricants sont prêts. Demain, la RFID peut équiper l'ensemble des produits vendus en grandes surfaces alimentaires, le chariot client s'adaptera. Chez Caddie, Wanzl ou Plastimark, des prototypes équipés de lecteurs RFID sont déjà à l'essai. Dans un avenir pas si lointain, à chaque fois qu'un produit entrera ou sortira du chariot, acier ou plastique, il sera automatiquement additionné ou soustrait du total des courses. Une révolution pour le client, qui n'aura plus qu'à scanner son écran tactile, placé sur la poignée, ou à introduire sa carte de fidélité directement dans un lecteur pour payer ses achats.

Reste à généraliser le marquage RFID sur les produits de grande consommation pour voir ces chariots révolutionnaires débarquer en magasins. « Pour l'heure, équiper chaque produit de grande consommation coûte encore trop cher », note Jacques de Beauval, directeur des ventes de Wanzl France. « D'ici à cinq ans, nous y serons », pronostique Laurent Brulinski, PDG de Plastimark France, filiale du groupe italien La Fortezza. Car le principal écueil technique - l'effet cage de Faraday qui perturbait la propagation des ondes sur les chariots tout acier -, est bel et bien balayé. « Il suffit de changer la position du lecteur RFID », confirme Jean Nicot, responsable des ventes pour Caddie. En le mettant, par exemple, sur le dessus du chariot plutôt que sur le côté.

L'art de se faire oublier

En attendant ce tournant technologique, les fabricants de chariots libre-service jouent sur tous les paramètres - confort du consommateur, ergonomie, maniabilité, solidité - pour faciliter la vie des consommateurs et tirer leur épingle du jeu sur un marché qui, s'il n'est pas atone, est relativement mature. « L'art de notre métier consiste à faire en sorte que le client oublie qu'il pousse un chariot », confie, non sans humour, Jean Nicot. D'autant qu'il reste la « première vitrine du magasin. » « Les deux premières choses jugées par nos clients mystère sont l'accessibilité au parking et les chariots », confirme Maxime Soulas, directeur de Carrefour Alma à Rennes.

Plus que de révolution, on parle surtout d'améliorations. Tout d'abord, le chariot gagne en légèreté. Les versions de plus de 200 litres pèsent aujourd'hui de 17 kg, pour le tout-plastique, à 33 kg pour les tout-acier de Caddie. Plus léger, le chariot est donc plus maniable, d'autant que la position des poignées ne cesse d'être améliorée. Remonter celles-ci de quelques centimètres peut s'avérer primordial pour le confort, et évite de se casser le dos. Le Logic 250 d'Origine en possède même sur le devant. « Il s'agit d'un petit plus jugé pratique par les consommateurs, assure Laurent Dauzet, directeur des ventes pour la France, comme par nos clients distributeurs quand ils doivent les manoeuvrer pour les ranger. »

L'environnement est une autre tendance forte. Si tous les chariots, même en acier, sont recyclables au final, Origine s'inscrit dans une démarche résolument écologique. Ce fabricant, arrivé dans le secteur en 2004, propose des chariots entièrement produits à partir de bouteilles en plastique recyclées. Présent aujourd'hui dans 370 magasins en France, il espère vendre 34 000 exemplaires en 2008 - soit un dixième des ventes réalisées chaque année.

Le design est, lui aussi, devenu incontournable. C'est même une carte maîtresse pour Plastimark, fabricant de chariots en plastique, qui affiche à lui seul une part de marché de 5 % . « Les distributeurs achètent chez nous, car, tout en respectant les principes de base, nos chariots sont différents, argumente Laurent Brulinski. Le plastique est léger, silencieux. Par ailleurs, nous pouvons jouer sur les couleurs, sauf le rouge qui vieillit mal et que nous déconseillons, et personnaliser au mieux nos produits. »

Les chariots jouent aussi avec les courbes. Comme les voitures, ils peuvent être plus ou moins profilés. Même le maillage des grilles mise sur la diversité : carré strict, rond délicat ou nid-d'abeilles, à chacun son style.

Face à l'engouement pour ce nouveau matériau, Wanzl puis Caddie se sont, eux aussi, lancés dans le plastique. « C'est nouveau et donc ça plaît, confie Jacques de Beauval. Nous aurions eu tort de ne pas nous lancer sur ce marché, mais nous gardons nos spécificités. » Peu convaincus de sa solidité quand ce matériau équipe la totalité du chariot, les deux principaux fabricants ont donc opté pour des produits « hybrides » : le panier en plastique, le socle en métal. « Sa résistance en est accrue, assure Jean Nicot. Et la fixation des roulettes n'en est que plus aisée et solide. »

Face à la suprématie du chariot de plus de 200 litres, qui représente 90 % des volumes vendus en France, Wanzl fait aussi le pari des nouveaux formats. « Compte tenu de la demande accrue de chariots porte-paniers, explique Jacques de Beauval, nous nous sommes dit qu'il y avait la place pour des modèles plus petits. Un 90 litres allie la contenance des porte-paniers et la tenue de route des versions plus classiques. »

Un parc à entretenir

Indispensables dans les commerces alimentaires, les chariots investissent désormais les enseignes non alimentaires. Selon Jean Nicot, « ce marché présente encore de belles perspectives de croissance, même s'il s'agit de parcs plus petits, comparables à ceux des supermarchés ». Si un chariot reste un chariot, « il est toujours possible de l'adapter aux besoins spécifiques des distributeurs, notamment spécialisés », ajoute Jacques de Beauval. Un magasin de plantes n'aura pas forcément les mêmes contraintes que son voisin vendant de l'électroménager. Il faut adapter la hauteur du panier pour permettre au client d'utiliser le socle, de compartimenter ce même panier, de changer sa profondeur...

Longtemps montrées du doigt, les roues ne sont plus le cauchemar de la grande distribution. La plus grande légèreté des produits, qu'ils soient en acier ou, qui plus est, en plastique, ménage ces éléments essentiels du chariot. L'innovation est également passée par là. Ainsi, Wanzl fabrique ses propres roulettes « à cage » quand la plupart sont à grille. « Dépourvues de jeu, elles annulent l'effet passoire de ces dernières et, ainsi, empêchent quoi que ce soit de venir gripper le roulement », se réjouit le directeur des ventes. Et quand elles ne sont pas réalisées directement par le fabricant, les roues sont sous-traitées selon un cahier des charges de plus en plus strict.

Mais rien ne sert d'innover si les distributeurs ne choient pas leur parc. « Nos chariots peuvent voir leur durée de vie augmenter s'ils sont bien entretenus. Comme une voiture, ils méritent d'être révisés de temps en temps ! », rappelle Jean Nicot.

Sur Magasin LSA, trouver les fournisseurs d'équipement de magasin. Contactez vos futurs fournisseurs et grossistes en quelques clics. 

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 2032

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous

 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA