Mini-révolution juridique chez André

· Sept filiales principales au lieu d'une centaine, toutes autonomes : le groupe adopte une organisation simplifiée · Objectif : réduire les coûts et faciliter la lisibilité des résultats

André vient d'entériner la révolution entamée depuis l'automne 1996, date à laquelle la direction opérationnelle avait changé, le groupe passant d'une structure marché (centre-ville, discount) à une structure produits (vêtements, chaussures). Aujourd'hui, le spécialiste de l'habillement va plus loin. Un nouvel organigramme composé de sept filiales désormais autonomes a été approuvé par les actionnaires le 2 mars lors d'une assemblée générale extraordinaire.

Plus qu'une simple réorganisation, c'est tout le fonctionnement du groupe, jusqu'alors composé d'une centaine de filiales chapeautées par deux sociétés, la Compagnie internationale de la chaussure et la Compagnie des Halles aux textiles, qui va s'en trouver bouleversée.

Sept sociétés anonymes regroupant les enseignes par branches d'activité vont être constituées grâce à une série d'apports partiels d'actifs par le groupe André. Chacune sera indépendante avec sa propre logistique, ses marques et ses effectifs.

Deux pôles

Côté chaussures, André SA, forte de 1 200 personnes, rassemble les enseignes de chaussures de centre-ville (André, Andisco, la Compagnie de la chaussure et Espace André) tandis qu'Orcade SA (300 personnes) réunit Orcade, Confortissimo et Cassina et Minelli, les magasins du même nom. S'y ajoute la Compagnie européenne de la chaussure, qui coiffe les enseignes de périphérie comme la Halle aux Chaussures et Chaussland.

Côté vêtements apparaissent deux nouvelles SA : Spot, qui regroupe les magasins à l'enseigne du même nom, et la Compagnie européenne du vêtement, qui chapeaute la Halle aux Vêtements et Vêtland. Quant aux enseignes de prêt-à-porter acquises par André dans les années 90, comme Kookaï, Caroll, Creeks ou Création Rivers (Liberto), elles dépendent chacune d'une SA différente.

Cette vaste réorganisation juridique poursuit en fait deux objectifs. Le premier : faire en sorte que ces filiales se comportent comme des centres de profit en favorisant « une plus grande responsabilité des équipes », soutient-on au siège du groupe. Cette mini-révolution devrait surtout, selon le voeu exprimé par le PDG du groupe, Jean-Claude Sarazin, améliorer la lisibilité des résultats par branche d'activité. Et permettre d'envisager, peut-être, une cotation de certaines d'entre elles.

Une éventualité que les résultats d'André au premier semestre de l'exercice 1997-1998 encouragent. Lors de l'assemblée générale, Jean-Claude Sarazin s'est montré optimiste. Après avoir baissé de 4,2% sur le précédent exercice, à 9,8 milliards de francs, le chiffre d'affaires du groupe progresserait de 5 à 7% sur les six premiers mois de l'exercice clôturé le 28 février. Et des sociétés déficitaires comme Kookaï sortiraient enfin du rouge.
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Article extrait
du magazine N° 1575

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