Marchés

Minidisc : cher mais d'avenir

· Présenté comme le successeur de la cassette audio, le Minidisc constitue une innovation majeure pour le rayon audio. · Mais il aura besoin d'un peu de temps pour se vendre au grand public.

Dans son catalogue Savourez l'automne, Carrefour proposait, le mois dernier, trois chaînes et un lecteur enregistreur portable Minidisc, nouveau format présenté comme le successeur de la cassette audio. Cinq ans après sa naissance technologique, le Minidisc est donc sur le point de fêter sa vraie naissance commerciale en France.

Si le parc installé y est déjà évalué à près de 100 000 unités, les marques qui proposent actuellement le Minidisc (principalement Sony et Sharp pour l'instant) sont parfaitement conscientes qu'elles n'ont encore séduit que les fans de nouvelles technologies. Les choses sérieuses commencent seulement maintenant, avec l'indispensable effort de communication et de pédagogie que réclame tout nouveau format dans le domaine de l'électronique grand public. Autrement dit, il ne faut pas attendre du Minidisc qu'il réussisse à lui seul à dynamiser le marché au cours des prochains mois. Encore peu connu, trop cher et trop rare sur les rayons, il a besoin d'un peu de temps pour s'imposer.

Tant chez Sony que chez Sharp, d'importantes campagnes de publicité sont prévues pour la fin de l'année. Mais ce que les deux industriels espèrent surtout c'est que d'autres marques les rejoignent pour partager l'effort commercial et financier que représente le lancement d'un tel produit.

D'ores et déjà, les deux principaux promoteurs peuvent compter, entre autres, sur le soutien d'Aiwa (détenu à 51% par Sony), de Kenwood et de Denon, constructeurs qui disposent d'une offre, même encore relativement limitée. L'an prochain, les renouvellements de gammes devraient accorder un peu plus de place au Minidisc qu'actuellement. Et une offre plus abondante devrait permettre à la grande distribution de prendre plus facilement le relais des industriels pour « travailler » cette innovation dans le rayon.

Priorité aux groupements et aux multispécialistes

Cette opportunité sera essentiellement réservée, dans un premier temps en tout cas, aux groupements d'indépendants et aux grands multispécialistes. De fait, au-delà de l'effort de pédagogie que ces deux catégories de distributeurs peuvent prendre en charge beaucoup plus facilement qu'un hypermarché, la technologie du Minidisc reste encore très chère. Exemple : la XRH 6MD (2 x 50 W) d'Aiwa, chaîne mini équipée d'un lecteur enregistreur de Minidisc est proposée à environ 5 990 F, alors que la RX 695 de Sony, chaîne mini (2 x 45 W) dépourvue de lecteur-enregistreur de Minidisc, l'est au prix de 2 490 F. Même constat pour le lecteur-enregistreur Minidisc portable de Sony, proposé à 1 990 F, alors que l'on trouve des lecteurs de CD portables de grande marque pour moins de 600 F. Et il faudra très certainement attendre plusieurs mois avant que le prix des produits baisse de manière significative.

« Il faut laisser un peu de temps aux innovations pour qu'elles s'imposent dans de bonnes conditions », remarque Thierry David, responsable des produits audio portatifs chez Sony, en rappelant que le Compact Disc a lui aussi eu besoin de quelques années pour s'imposer face au vinyle

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