MISE EN RAYONLA SIMPLICITÉ PRIME EN MA GASIN

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Le prêt-à-vendre est la dernière technique vantée pour gagner du temps sur le remplissage des linéaires. Reste à intégrer ces nouveaux gestes dans un circuit logistique propre à chaque magasin.

Autant de produits que de jours dans l'année. C'est la cadence horaire moyenne d'un employé commercial dans la distribution alimentaire : il place plus de 350 articles en rayon chaque heure en sec, soit l'équivalent de 150 colis. Au-delà du chiffre brut, les enseignes cherchent à affiner le geste reproduit des centaines de fois dans la journée. On connaissait la taylorisation des tâches : dans les supermarchés, les employés tirent les palettes et mettent en rayons ; dans les hypers, des employés logistiques tirent les palettes pour les donner ensuite à ceux qui les mettent en rayon. Voici maintenant le prêt-à-vendre. Poussé par Carrefour, Atac et Casino, ce processus devrait faciliter la mise en rayon des produits. C'est l'emballage secondaire rempli de produits que l'on pousse désormais dans le rayon. Imparable en théorie et économe en personnel avec 20 % de temps travaillé en moins. Sauf que l'industrialisation de ce procédé, en test depuis des mois, a des contraintes : il faut trouver les bons formats de cartons, qu'ils soient solides au gerbage et qu'ils ne provoquent pas de rupture en linéaires. Elle pose aussi des questions : quand les installer ? Que faire des deux articles au fond du carton à l'effet visuel médiocre ? Le Graal des manageurs des sièges sociaux n'est pas forcément celui des directeurs de magasin. On se souvient du programme Mercure de Carrefour, visant une meilleure productivité de la mise en rayon, qui semble peu appliqué en magasin, malgré de séduisants rolls containers à trois étages.

En Belgique, la chaîne Delhaize le « Lion » dispose d'une équipe dédiée à l'amélioration des mouvements de produits en magasins, le smart retailing (commerce intelligent). Une de ses idées encore en test, le store sequencing, consiste également à utiliser un roll container. « La première couche de produits correspond au premier mètre du rayon et ainsi de suite », commente Grégoire Van Zeebroeck, manager Smart Retailing. Autre procédé à l'étude, le bloc sequencing rassemble sur la même palette tout un rayon. Le gain de temps serait de 10 à 15 % selon le groupe. Mais les rolls doivent être préparés dès l'entrepôt distributeur, la place qu'ils occupent dans le camion est importante et la gestion des retours est lourde. C'est pourquoi le groupe privilégie les livraisons sur demi-palettes pour les produits à forte rotation.

Un magasin toujours rempli

Toutes les chaînes cherchent le meilleur compromis entre les nécessités du remplissage et le confort client. « Comme j'ai choisi d'avoir le nombre de références d'un 3 000 m2 et non d'un 2 000 m2, nous avons moins de profondeur de linéaire, raconte Franck Egonneau, PDG du Super U de Pont-Saint-Martin. Mes équipes font donc de fréquents allers-retours vers la réserve, ce qui entraîne une forte concentration des employés avant l'ouverture. » En supermarché ou petit hyper, les employés commerciaux restent polyvalents : « Nous avons établi une liste des tâches de mise en rayon pour les PGC à faire régulièrement et organisé des permanences tournantes l'après-midi qui reviennent tous les quinze jours », précise Thierry Pasquier, directeur du supermarché du Leclerc de Gaillac (81). « Le rayon surgelé, d'une capacité limitée, est rechargé de 6 à 9 heures par deux personnes et deux autres l'après-midi », poursuit-il. Tous les magasins disposent d'un employé dédié au remplissage des pondéreux et des fruits et légumes tout au long de la journée. Certains profitent d'un créneau supplémentaire. « En début de semaine, nous remplissons aussi lors de la fermeture de 12 à 14 heures », poursuit Franck Egonneau.

La réouverture de 16 heures est un moment phare. « Le magasin doit être aussi beau que le matin, mais avec moins de profondeur en linéaire », indique Annick Bodin, propriétaire de l'Intermarché de Gif-sur-Yvette. Autre instant clé, le retrait des produits avant la date limite : « Chaque employé a dans sa poche un petit carton avec un tableau à double entrée, souligne Thierry Pasquier. Si nous sommes le 23, je dois retirer les produits frais datés du 24 (retrait à J-1) et ceux datés du 29 (J-6) au rayon laitages. »

Le non-alimentaire est si spécifique - livraisons fréquentes et hétérogènes - que le personnel remplit sur les heures d'ouverture. « Quand on déballe de la vaisselle, avec chaque assiette emballée individuellement, il faut être bien garé pour ne pas gêner les clients », indique Thierry Pasquier. Un conseil de base qu'il serait bon d'appliquer à l'alimentaire dont les rayons sont envahis par les îlots.

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Article extrait
du magazine N° 1942

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