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Modification de la loi Evin : beaucoup de bruit pour pas grand-chose

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Les médias se sont déchainés sur la modification – légère - de la loi Evin, dans le cadre de l’adoption par les députés d’un amendement de la loi Macron. Voici les principales réactions des politiques, des associations anti-alcools, d'un industriel et de François Holllande.

Un amendement de la loi Macron vise à éclaircir un point de la loi Evin. Adopté par les députés le 10 juin, ce point visant à distinguer information et publicité déchaine les passions alors qu'il ne semble pas si effrayant.
Un amendement de la loi Macron vise à éclaircir un point de la loi Evin. Adopté par les députés le 10 juin, ce point visant à distinguer information et publicité déchaine les passions alors qu'il ne semble pas si effrayant.©PIXABAY

Dans la nuit du 10 juin, les députés, réunis en commission spéciale, ont adopté un amendement de la loi Evin qui date de 1991. Celui-ci revient sur l'encadrement de la publicité en faveur de l’alcool. Dans le détail, cet amendement de la loi Macron dit que, dorénavant, pour attaquer une publicité pour un alcool devant les tribunaux, il faudra prouver que la personne faisant la promotion du produit y a un intérêt mais également que l’opération de communication est « susceptible d’être perçue comme un acte de promotion par un consommateur d’attention moyenne ». En résumé, cet amendement distingue un peu mieux l’information et la publicité. Rappelons que dans la plupart des journaux d’information, chaque article parlant de boissons alcoolisées indique la mention « l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération ». LSA se plie à cela.

Des réactions parfois violentes....

Cet amendement a déchainé les passions. Dans Le Monde daté du 11 juin, Marisol Touraine, ministre de la Santé a dénoncé « un coup dur porté à la santé publique » et regretté que « la loi Macron serve à détricoter la loi Evin ».

Un texte signé par une dizaine d’associations dont l’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie (ANPAA), la Fédération Addiction, la Fédération Nationale de la Mutualité Française (FNMF), la Ligue Contre la Violence Routière, etc. a été envoyé à toutes les rédactions. En voici un résumé.

« La Commission spéciale de l'Assemblée nationale, chargée de préparer le vote final de la loi Macron, a confirmé dans la nuit du 10 juin la volonté des parlementaires d'en finir avec la loi Evin. Ce texte voté sous la dictée du lobby de l'alcool propose une définition de la publicité qui rendra de facto la loi Evin inapplicable et ouvrira sans limite un boulevard à l’incitation publicitaire en faveur de la consommation d'alcool (...)  ». 

.... contrebalancées par des réactions plus mesurées

Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale, et Gilles Savary, député socialiste de la Gironde (un département viticole) estime qu'il n'y a «absolument rien dans cet amendement qui remette en cause la loi Evin». Du côté des « Républicains», Bernard Accoyer, député de la Haute-Savoie, a également minimisé la portée de cet amendement.

Des industriels forcément discrets

Du côté des industriels concernés, les réactions sont rares, personne ne souhaitant mettre de l’huile sur le feu avant l'adoption définitive (ou non) de cet amendement, ce qui devrait intervenir au cours de l'été. Pascal Sabrié, président d’Heineken France, a toutefois confié à LSA que «c’est juste une clarification entre un article de presse qui porte sur une boisson alcoolisée et une publicité. Cela ne modifie en rien l’équilibre de la loi Evin ».

Francois Hollande veut "clarifier"

Très attendu sur ce sujet, François Hollande a donné son point de vue, lors de son discours d'inauguration du salon Vinexpo :« La France a su choisir une voie qui condamne la surtaxe et la commercialisation sans entraves. Il faut conserver ce modèle, qui encadre la publicité sur l’alcool depuis 25 ans. Nous devons garder les équilibres de la loi Evin et s’il y a des précisions, il faut les engager avec prudence. Il pourra y avoir une clarification mais dans la préservation de la loi Evin. Et le débat ne doit pas durer trop longtemps ».

 

 

 

 

 

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