Moins de commerces mais plus d'enseignes nationales en centres-ville

|

Selon le premier opus de la grande étude de Procos sur les centres-ville (qui en comptera 3) le nombre de commerces en cœur de ville reflue. Depuis douze ans, il a diminué en moyenne de 3,7 %. Sous l’effet conjugué d’une rétraction de leur périmètre (- 2,2 % de commerces) et d’une augmentation de la vacance commerciale (- 1,5 % de commerces en activité). Alors que dans le même temps, le parc de surfaces commerciales français a doublé, passant de 70 millions à près de 140 millions de m². La très grande majorité de ce développement s’étant réalisée en périphérie.

centre ville
centre ville© Laetitia Duarte

Les auteurs de l’étude précisent que "l’évolution de l’offre commerciale des centres villes s’inscrit dans un cycle long amorcé à la fin des années 1960, avec le développement du commerce moderne". Cette évolution se caractérise par trois grands processus : une spécialisation de l’offre, au bénéfice du secteur de l’équipement de la personne ; une concentration de l’activité en faveur du commerce organisé (franchise, affiliation, succursalisme…) ; une polarisation de l’espace, c’est-à-dire une hiérarchisation des emplacements marchands, au bénéfice des rues à plus forte commercialité.

Plus d’enseignes et de prêt-à-porter

La spécialisation de l’offre se traduit donc prioritairement avec le renforcement de la part des commerces appartenant au secteur de l’équipement de la personne - ils représentent désormais près d’un commerce sur trois des centres-villes - et le renforcement de la part des commerces appartenant au secteur de l’hygiène-beauté-santé. La part des commerces appartenant aux secteurs de l’alimentaire, de l’hôtellerie-restauration-café et des services reste stable. Alors que celle des secteurs de l’équipement de la maison (ameublement, électroménager, bricolage…) et de culture-loisirs (livre, disque, photo, sport…) faiblit.

Les villes moyennes les premières concernées

Toutes les villes sont concernées, quelle que soit leur taille. C’est toutefois dans les villes moyennes (les unités urbaines de 50 000 à 100 000 habitants) que le phénomène de spécialisation de l’offre a été le plus soutenu durant ces dix dernières. "Elles n’ont fait que rattraper leur retard dans ce domaine, en s’alignant sur le profil marchand standard des villes de taille plus importante."

Vers un accroissement du commerce organisé

La concentration de l’offre des centres villes se poursuit également avec le renforcement de la part du commerce organisé. Ainsi, la part des enseignes nationales dans le volume global des commerces de centre-ville est passée de 27,9 % en 2001 à 35,7 % en 20131. Toutes les villes sont de nouveau concernées, quelle que soit leur taille. La part des enseignes nationales reste plus faible dans les centres villes de petites villes (les unités urbaines de moins de 50.000 habitants dans notre approche). Au-delà, la part des enseignes nationales oscille autour de 37 %, quelle que soit la taille des villes.

Des centres villes qui se modernisent mais qui se rétractent

C’est le phénomène de polarisation évoqué plus haut. D’une part, certaines rues marchandes situées aux franges des centres villes évoluent d’un positionnement shopping - marqué par la présence de commerces d’équipement de la personne et de restaurants - vers un positionnement de type "faubourien " - marqué par la présence de commerces de proximité et de services -. "Leur offre fonctionne finalement avec une clientèle qui n’est plus celle de centre ville. 2,2 % des commerces de centre ville recensés en 2001 ont connu cette forme de sécession et ne peuvent plus être comptabilisés dans l’offre des centres villes en 2013. " Parrallèlement, le poids du secteur n° 1 se renforce, celui-ci tendant à concentrer toujours plus de commerces (30 % des commerces de centre ville en moyenne) et d’enseignes nationales (46 % des enseignes nationales de centre-ville en moyenne). Le phénomène est particulièrement marqué dans les centres villes de petites villes. Ceci parce que…. le centre-ville s’y résume de plus en plus au secteur n°1 !

La vacance commerciale gagne du terrain

Reste que globalement, l’offre des centres villes se fragilise, traduite par la progression de la vacance commerciale. Elle atteint en moyenne 7,8 % des cellules commerciales des centres villes en 2013. Elle s’élevait à 6,3 % en 2001. "Plus que l’évolution de la moyenne, ce sont les évolutions des écarts à la moyenne, qui révèlent l’intensité du phénomène". Ainsi, 87 centres villes (soit près de la moitié des centres villes observés) bénéficiaient d’une situation très favorable en 2001, avec un taux de vacance inférieur à 5 %. Ils ne sont plus que 38 dans ce cas en 2013, soit près de deux fois moins. A l’autre extrémité, 23 centres villes présentaient une situation très défavorable en 2001, avec un taux de vacance supérieur à 10 %. Ils sont désormais 46 dans ce cas en 2013, soit deux fois plus.

Approfondissements de données en 2014

Cette enquête constitue le premier volet d’une étude réalisée par Procos sur l’évolution du commerce de 200 centres villes français appartenant à des unités urbaines de plus de 25.000 habitants, entre 2001 et 2013. Ce premier volet porte sur l’évolution de l’occupation du linéaire marchand des centres villes. Les données de cette enquête proviennent des relevés annuels des commerces de centre ville effectués par Procos et Codata. Le second volet de cette étude portera sur l’évolution de la concurrence des centres villes. Un dernier volet analysera l’évolution des performances des commerces de centre-ville (publication prévue en 2014).
 

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter