"Monsieur Denormandie, les consommateurs veulent de la Bio française !"

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Les dirigeantes et dirigeants des enseignes spécialisées bio,regroupés au sein de Synadis, le syndicat national des distributeurs spécialisés de produits biologiques, prennent position contre la volonté du gouvernement de supprimer l’une des aides clé accordée aux agriculteurs et agricultrices biologiques pour accompagner leur conversion. LSA publie la lettre ouverte qu’ils viennent d’envoyer au Ministre de l’Agriculture, alors que les agriculteurs bios manifestent en ce sens à Paris.

Les enseignes spécialisées bio soutiennent les revendications des agriculteurs bio qui manifestent aujourd’hui contre la baisse drastique des aides à la conversion envisagée dans le cadre des arbitrages de la réforme de la PAC.
Les enseignes spécialisées bio soutiennent les revendications des agriculteurs bio qui manifestent aujourd’hui contre la baisse drastique des aides à la conversion envisagée dans le cadre des arbitrages de la réforme de la PAC.© FNAB

RÉFORME DE LA PAC : après la Fédération nationale de l’agriculture biologique et les agriculteurs, les distributeurs spécialisés Bio interpellent le ministre de l’Agriculture. Monsieur DENORMANDIE, les consommateurs veulent de la Bio française !

Nous le savons, depuis la création du label bio il y a 40 ans, et plus récemment depuis la crise sanitaire, les Français plébiscitent le développement d’une agriculture bio française et vertueuse, s’inscrivant dans l’ambition du Président de la République.

Monsieur le Président Emmanuel MACRON évoquait en effet le 29 avril 2021, dans la presse, sa vision du monde en 2025 : « Je suis un optimiste de la volonté. Si nous le voulons, si nous ne cédons rien de l'ambition de transformation que les Français ont porté au pouvoir en 2017, notre Nation peut prendre toute sa part à l'invention du monde qui vient » ; or, si nous voulons prendre part dans l’invention de demain, nous ne devons rien céder en termes de santé, d’écologie, de modèle agricole, de chaîne de valeur et de bien-être pour les Français.

Nous vous demandons donc de ne pas risquer de dégrader le modèle bio français en réduisant les aides prévues à cet effet, ainsi que le soutien aux agriculteurs. Ce serait un mauvais signal envoyé aux Français pour un mandat qui se voulait rassembleur et régénérateur.

Nous vous demandons aussi de ne pas aligner le modèle bio au sur le modèle HVE. Outre le fait que vous réduiriez ainsi le développement de la Bio, vous ne répondriez pas aux attentes des Français qui connaissent et soutiennent l’agriculture biologique, plus que tout autre réinvention du modèle d’une agriculture se voulant plus verte.

Alors que la future PAC et les plans stratégiques nationaux sont actuellement en discussion au niveau européen, vous avez le mandat pour représenter et défendre la volonté des Français de développer un modèle économique local et français.

En tant que réseaux de distribution spécialisée bio, nous affichons sur l’année 2020 une croissance supérieure à 10%. Les crises sanitaires et économiques dues à la COVID-19 sont venues renforcer ce que l’on savait déjà : les Français choisissent la confiance dans leur alimentation. Ils veulent manger bio, mais ils veulent aussi manger français ! Dans nos enseignes de distribution spécialisées, nous voulons maximiser l’origine France, voire le local, parce que cette démarche est cohérente avec l’engagement environnemental porté par la Bio et souhaité par le Président de la République.

Pour pouvoir offrir aux Français une alimentation biologique ET française, il nous faut être capables de trouver des agriculteurs et des agricultrices désireux de s’engager dans l’agriculture biologique. Ils acceptent ainsi de prendre les risques inhérents à ce modèle ambitieux qui suppose de repenser totalement son système de production.

En 2019, l’Agence Bio estimait à 33%, en moyenne, les importations de produits bio. En baissant le soutien à la Bio française vous ouvrez la porte à une Bio étrangère qui inonderait nos marchés et nos magasins.

Les arbitrages en cours sur la Politique Agricole Commune confirment la disparition totale d’une des deux aides accordées aux agriculteurs et agricultrices biologiques. Cette aide leur prouvait la reconnaissance de la nation pour leur protection de l’eau, de la biodiversité, de la santé et sous-tendait également que l’agriculture biologique prend soin des agriculteurs. Cette aide permettait, enfin, de s’engager durablement vers un autre modèle agricole volontaire et durable.

Dès lors, si cette aide est supprimée, comment pourrait-on faire de la Bio française sans surfaces en bio ? Comment pourrait-on améliorer la balance commerciale de la France sans produits biologiques français ? Si cette décision est prise, quel signal le Gouvernement enverra-t-il au marché alimentaire français et international ?

Monsieur le Ministre, nous avons les outils commerciaux et industriels pour répondre à la demande croissante de produits bio et français. Nous avons la capacité de nourrir tous les Français. Il ne manque que le signal de l’État pour que la transition s’accélère !

Les chiffres nous les connaissons tous, il faut un investissement d’1 milliard d’euros par an pour la Bio dans les 5 prochaines années. C’est seulement avec cette ambition que nous relèverons le défi d’une agriculture biologique, durable, de qualité et d’origine France.

Nous en avons les moyens !

 

Les signataires :

Eric BEROUD, Directeur Général Adjoint Bio&Co ; Didier COTTE, Président L’Eau Vive ; Pierrick DE RONNE, Président Biocoop ; Emmanuel DUFOUR, Président Marcel&Fils ; Marjorie FRANCOIS, Présidente Biomonde ; Vincent GHESQUIER, Directeur Général Bio, Bon et Gourmand ; Frédéric GUYOT, Président La Vie Claire – Vice-président Synadis Bio ; Nathan LABAT, Directeur général La Fourche ; Christelle POHARDY, Présidente du directoire Les Nouveaux Robinson ; Jérémie ROUSSEAU, Président La Vie Saine ;Xavier TRAVERS, Président NaturéO – Trésorier Synadis Bio ;Allon ZEITOUN, Directeur Général Naturalia – Président Synadis Bio

 

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