Moral des consommateurs : du mieux, mais ce n’est pas encore ça

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Selon une étude du cabinet GfK, les consommateurs français sont moins pessimistes mais leur manque de moyen risque de les éloigner encore d’un retour à la consommation

Les consommateurs français sont plus optimistes mais n'ont toujours pas d'argent disponible pour faire des achats importants
Les consommateurs français sont plus optimistes mais n'ont toujours pas d'argent disponible pour faire des achats importants

Si l'on se penche sur le développement économique des pays de l'Union européenne et sur le moral des consommateurs en 2014, on constate que l'année est scindée en deux parties distinctes. Au cours de la première moitié de l'année, les économies de quasiment tous les pays européens présentaient une évolution positive. Les consommateurs étaient manifestement de plus en plus convaincus que la crise financière et économique serait enfin derrière eux dans les mois à venir. Entre avril et juin, les indicateurs des anticipations économiques et de revenus, ainsi que la disposition à acheter, ont atteint des records presque partout. L'indicateur " Climat de la consommation" des 28 pays de l'UE se situait à 9,1 points en juin, la valeur la plus élevée depuis avril 2008.

Incertitude accrue en milieu d'année

Cependant, en été et en automne, une incertitude accrue a commencé à s'installer non seulement parmi les consommateurs mais aussi dans l'économie, et ceci pour des raisons diverses. Le conflit en Ukraine a atteint son apogée. Des remarques du président russe Vladimir Poutine ont suscité une incertitude, principalement dans les pays d'Europe de l'Est. Au Moyen-Orient, le conflit en cours entre Israël et la Palestine et la progression du groupe militant État islamique ont secoué la planète. En outre, l'épidémie d'Ebola a attiré l'attention mondiale sur l'Afrique occidentale. Les premiers patients étant transportés par avion en Europe et aux États-Unis pour être soignés, la crainte que le virus se propage s'est accentuée. En ce qui concerne la situation économique, les conditions-cadres se sont également détériorées.

Dans de nombreux pays, la croissance du produit intérieur brut (PIB) s'est révélée beaucoup plus lente que prévu. Par ailleurs, certains pays ont même enregistré une contraction, exacerbée par un très faible niveau d'inflation. Les pays européens du Sud tels que l'Espagne ont particulièrement lutté contre la déflation. Il y a également eu un risque d'évolution négative des prix dans l'ensemble de l'Union européenne. Le taux d'inflation des 28 pays de l'UE se situait à -0,1 % en décembre, tandis que le taux de la zone euro était encore plus faible, soit -0,2 %. Ceci est principalement dû à l'effondrement des prix de l'énergie.

Un vent d'optimisme au dernier trimestre

Tous ces événements contribuent à une augmentation manifeste de l'inquiétude chez les consommateurs européens. Les valeurs de l'indicateur ont toutes chuté vers la fin de l'été et en automne, dans certains cas assez nettement. Cependant, au quatrième trimestre 2014, un vent d'optimisme s'est de nouveau emparé de la plupart des pays. Bien que de nombreux indicateurs demeurent inférieurs à zéro, ils suivent une tendance à la hausse dans quasiment tous les pays.

Néanmoins, il existe toujours des risques qui pourraient entraver le développement économique positif au cours des prochains mois. Suite aux élections en Grèce, reste à savoir quelle voie économique empruntera le gouvernement et si celui-ci adhèrera aux accords avec les autres pays européens et la Commission européenne.

Cette évolution se reflète également dans le climat de consommation GfK des 28 pays de l'UE. Dans le contexte de l'optimisme au sein de tous les pays de l'Union européenne, l'indicateur a grimpé jusqu'à 9,1 points en juin, la valeur la plus élevée depuis avril 2008. En septembre, il a accusé une baisse et s'est établi à 4,2 points. À la fin de l'année, l'indicateur s'est légèrement redressé et a atteint 5,5 points en décembre.

En France de l'envie mais pas de moyens

Les anticipations économiques des consommateurs français se sont légèrement améliorées au premier trimestre 2014. En avril, l'indicateur a atteint sa valeur la plus élevée depuis mars 2010, soit -5,8 points. Toutefois, il a de nouveau chuté au cours de l'année et se situait à -26,8 points en septembre, sa valeur la plus faible. Les anticipations économiques se sont de nouveau un peu redressées au dernier trimestre de l'année. En décembre, l'indicateur est remonté jusqu'à -15,7 points.

Le chômage demeure élevé en France. L'économie a du mal à prendre de l'élan. Ceci étant, les consommateurs français pensaient toujours que les revenus diminueraient l'année dernière, mais le pessimisme s'est maintenant légèrement atténué. Sur l'ensemble de l'année, les anticipations de revenus ont affiché une tendance à la hausse. En avril, l'indicateur, qui avait une fois de plus chuté, se situait à - 54,7 points, mais il s'est progressivement redressé par la suite. À la fin de l'année, il a de nouveau considérablement progressé, de près de 10 points, et a atteint - 23,7 points en décembre.

La disposition à acheter a également connu une évolution positive en France. En décembre 2013, l'indicateur s'établissait toujours à - 31,5 points, mais il est remonté jusqu'à -19,5 points en décembre 2014. Il a atteint son plus haut niveau de l'année en novembre, soit -17,6 points, la valeur la plus élevée depuis juin 2012. Cependant, dans un contexte de faibles anticipations de revenu, les consommateurs français n'ont toujours pas d'argent disponible pour faire des achats importants.

À propos de l'étude
Les résultats de l'étude GfK Climat de la consommation en Europe sont extraits d'un sondage auprès des consommateurs mené dans tous les pays de l'Union européenne au nom de la Commission européenne. Environ 40 000 personnes, représentant la population adulte de l'Union européenne, sont sondées tous les mois dans 28 pays.
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