Morina Baie Biscuits L'industriel militant

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prix développement durable - Récompensée pour son engagement, Morina Baie Biscuits (galettes du Mont St-Michel, madeleines Morina...) fait coexister la performance économique et le respect de l'environnement.

La qualité, toutes les entreprises savent faire. Qui n'a pas de service de contrôle qualité des produits ? Mais quid du développement durable, des conditions de travail des salariés ou du respect de l'environnement ? Des mots qu'on entend peu lorsqu'un patron décline la stratégie de son entreprise. Sauf quand on écoute François Roche-Bayard, qui dirige Morina Baie Biscuits : « Nous avons une ligne de conduite claire : le process de fabrication doit avoir le moins d'impact possible pour l'environnement. »

Un écolo à la tête d'un petit artisanat de madeleines ? Pas vraiment. Morina Baie n'est autre que la maison mère qui chapeaute les galettes du Mont-Saint-Michel, les madeleines Morina (première marque française), ou encore les biscuits Bonne Maman. Que des best-sellers. Et on ne parle là que de l'activité à ses marques, soit 57 % de son chiffre d'affaires 2006. La société de Contres réalise 43 % de son activité pour le compte de la grande distribution. En 2006, la Scamark, en charge des MDD Leclerc, lui a commandé pour près de 8 millions d'euros de biscuits et madeleines.

Aussi, lorsque Leclerc propose des contrats de progrès environnementaux à ses fournisseurs il y a trois ans, Morina Baie n'hésite pas. François Roche-Bayard s'engage sur trois thèmes : les économies d'énergie, la gestion des déchets, la mise en place d'une politique environnementale dans l'entreprise. « Les résultats obtenus ont été remarquables », se félicite-t-on chez Leclerc. En limitant les déperditions thermiques et en optimisant son système d'éclairage, Morina Baie a réduit sa consommation de gaz et d'électricité de 9 %. Pour les déchets - cartons, plastiques, papiers, ferraille -, tout passe désormais par le tri sélectif. En 2006, 85 % des déchets sont valorisés, contre un tiers seulement en 2003. Et fini de jeter les déchets de gâteaux à la poubelle : ils sont dorénavant incorporés dans l'alimentation animale.

Un service spécifique

Pour arriver à ces résultats, l'entreprise s'est fixé des objectifs comme si elle lançait un nouveau produit. Sauf qu'au lieu de surveiller le niveau des ventes, elle jaugeait la consommation d'électricité et le taux de déchets recyclés. Tout le monde met la main à la pâte : entre stages et campagnes internes de sensibilisation, plus de 90 % des salariés ont été formés. « Nous envoyons des courriers avec les bulletins de paye pour expliquer aux salariés comment respecter l'environnement », explique François Roche-Bayard. Éteindre les lumières, éviter de surchauffer chez soi l'hiver, arroser ses plantes le soir plutôt qu'en pleine journée... En 2005, un service de trois personnes a été créé pour se charger des questions d'environnement dans la société. Cette année-là, Morina Baie a racheté une usine de crêpes, et son chiffre d'affaires a franchi pour la première fois la barre symbolique des 100 millions d'euros. Preuve que les affaires et le développement durable peuvent aller de pair dans une entreprise moderne.

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Article extrait
du magazine N° 2002

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