Moulinex accélère sa délocalisation

Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer

Les micro-ondes seront produits en Chine par Whirlpool, les aspirateurs en Pologne et les moteurs à Hongkong. De 1 800 à 2 000 emplois pourraient être supprimés. Une augmentation de capital de 1 milliard de francs est prévue.

«Notre organisation est encore trop lourde, il faudrait accélérer l'adaptation de nos outils industriels », déclarait début janvier à LSA Pierre Blayau, PDG du groupe Moulinex. C'est donc sans surprise que le comité central d'entreprise, convoqué lundi 24 janvier, a reçu l'annonce d'un nouveau plan de restructuration industrielle. Jugées responsables de la sensible aggravation des pertes au cours du premier semestre de l'exercice 1999-2000 (voir encadré), les activités micro-ondes et aspirateurs concentrent les mesures les plus drastiques. Un accord de partenariat passé avec l'américain Whirlpool prévoit que les fours Moulinex seront fabriqués dans l'usine chinoise du géant américain. Conséquence directe : la production de micro-ondes de l'usine de Cormelles-le-Royal, près de Caen, sera arrêtée d'ici à dix-huit mois.

Coup dur pour la Normandie

Le site industriel de Falaise, spécialisé dans les aspirateurs, subira le même sort. Les aspirateurs Moulinex seront désormais fabriqués par le polonais Zelmer (environ 150 MF de CA). L'avenir des sites de Saint-Lô et Carpiquet, qui fournissent le groupe en composants et moteurs, paraît lui aussi compromis. Pierre Blayau, qui avait déjà annoncé la filialisation de ces deux activités, précise que le spécialiste des moteurs Johnson fera partie du tour de table de la nouvelle société. En contrepartie, l'industriel, dont la production se situe à Hongkong, fournira le groupe Moulinex. La direction va également confier la fabrication de ses produits d'hygiène-beauté, commercialisés sous la marque Krups, à l'allemand Medisana.

Pierre Blayau n'a pas détaillé les mesures de suppressions d'emploi qui découleront du « plan de redéploiement et de reconquête » du groupe et précise qu'elles ne se traduiront pas par des licenciements secs. Selon la CGT, 1 800 à 2 000 emplois seraient cependant menacés. Il s'agit d'un nouveau coup dur pour la région Normandie, où se concentrent tous les sites Moulinex. À son arrivée à la tête du groupe, Pierre Blayau avait déjà supprimé 2 600 postes en 1997.

Un plan encore insuffisant

Comme la délocalisation de la production ne suffira pas à sauver Moulinex, le groupe prévoit une augmentation de capital d'un milliard de francs destinée à financer son redéploiement et pallier la faiblesse de ses fonds propres (1,5 Mrd F) comparée à sa dette cumulée, qui dépasse les 2,4 milliards. Au regard de cette situation financière fragilisée, on peut douter que le plan présenté lundi suffise à « adapter définitivement Moulinex à son environnement

concurrentiel ».

À la recherche depuis un an d'accords avec de grands industriels de l'électroménager, Pierre Blayau aurait préféré annoncer une fusion avec l'un d'eux . Mais après le refus de principe du groupe Seb, celui, motivé, d'Electrolux l'été dernier, LG Goldstar avait fait savoir au début de cette semaine qu'il renonçait à signer un accord avec Moulinex. Le volet social du dossier effraie plus d'un groupe étranger. Le portefeuille du groupe, composé des marques internationales Moulinex et Krups et des marques locales Mallory au Brésil et Swan en Grande-Bretagne, pourrait cependant finir par séduire l'un des industriels du petit ou du gros électroménager.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 1661

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous

Appels d’offres

Accéder à tous les appels d’offres

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus
 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA