Moulinex-Brandt dépose son bilan

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RÉTROSPECTIVELe groupe, criblé de dettes et lourdement déficitaire, a déposé vendredi son bilan, faute d'avoir obtenu le soutien de son actionnaire principal, le groupe familial italien El.Fi.

Moulinex-Brandt "vient de se mettre sous la protection de l'administration judiciaire" en déposant une "demande de dépôt de bilan au tribunal de commerce de Nanterre", a déclaré son PDG, Patrick Puy, lors d'une conférence de presse. "La liquidation ne saurait être envisagée aujourd'hui. Il y a aujourd'hui manifestement des tas de possibilités de reprise totale ou partielle" du groupe, a affirmé M. Puy. "Moulinex et Brandt sont des joyaux qui susciteront de l'intérêt" de la part de repreneurs éventuels, a assuré le PDG, qui n'est "pas inquiet sur ce point". Moulinex-Brandt, qui emploie environ 21.000 personnes, est né fin 2000 de la fusion entre le fabricant de petit électroménager Moulinex, détenu alors à 26,5% par El.Fi, avec le producteur de gros électroménager Brandt, filiale à 100% d'El.FI. La décision de déposer le bilan a été prise vendredi matin par le conseil d'administration du groupe, qui devait statuer sur le financement de l'entreprise, accablée de dettes (766 millions d'euros au 31 décembre 2000) et sérieusement affaiblie par des pertes d'exploitation. "Le conseil d'administration a statué sur l'échec des négociations (avec El.Fi sur le plan de financement) et a imposé de prendre les mesures conservatoires qui s'imposaient pour la sécurité de l'entreprise", a indiqué M. Puy. Le PDG a expliqué qu'un protocole d'accord sur le financement du plan de restructuration --annoncé fin avril par la direction-- avait été conclu le 24 août entre les banques et l'actionnaire principal. Mais El.Fi, qui détient 74,3% du capital de Moulinex-Brandt, est revenu sur sa position au moment de signer. Il a refusé de mettre la main à la poche pour permettre le financement du plan de restructuration, entraînant l'échec des négociations et la décision de déposer le bilan. Le plan de restructuration prévoyait la suppression d'ici à 2003 de 4.000 emplois, dont 1.500 en France, et la fermeture de six usines (sur un total de 31), dont trois en France. "C'est maintenant à l'administrateur judiciaire de décider s'il faut mener à bien ou non le plan de restructuration", discuté depuis le printemps avec les syndicats, a indiqué le PDG. M. Puy a expliqué qu'il pensait au départ que Brandt, fusionné fin 2000 avec Moulinex, allait aider Moulinex en difficulté depuis plusieurs années à sortir de l'impasse. Mais "j'ignorais à mon arrivée en décembre dernier l'ampleur de la dégradation des comptes de Brandt et que celui-ci allait amener des pertes en 2001", a-t-il indiqué. "Au départ, c'était une fusion entre une société qui allait mal et une société en meilleure situation. Nous attendions que les pertes de l'une (Moulinex, ndlr) soient compensées par les gains de l'autre (Brandt, ndlr)", a-t-il ajouté.

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