Moulinex-Brandt doit faire ses preuves

Moulinex et Brandt fusionneront en décembre. Le nouvel ensemble se hisse au troisième rang européen. Mais devra apurer le passif de Moulinex.

Cette fois, le conseil d'administration de Moulinex a approuvé à l'unanimité la fusion avec Brandt. Moulinex SA absorbera El.Fi SA, holding de Brandt, au terme d'une fusion par apport d'actifs à 68 % pour El.Fi et 32 % pour Moulinex. El.Fi détiendra à terme 74,3 % du nouvel ensemble. La parité retenue se situe dans le haut de la fourchette réclamée par les petits actionnaires de Moulinex. Celle-ci avait fait achopper pendant des mois le projet, le groupe italien voulant réaliser l'opération au meilleur prix.

L'industriel du gros électroménager mesure en effet la complexité du dossier. Certes, il s'arroge deux marques internationales (Moulinex et Krups) mais il reprend un groupe très endetté, déficitaire et en pleine restructuration industrielle. Sur ce point, les nouveaux actionnaires entretiennent le flou.

Si le site de Cormelles-le-Royal continuera à fabriquer des fours à micro-ondes et des mini-fours pour l'ensemble du groupe, on ne connaît toujours pas le nombre de postes qui y seront maintenus. L'activité aspirateurs à Falaise paraît moins pérenne. Elle est présentée comme « possible et souhaitable aussi longtemps que des partenariats technologiques et commerciaux n'auront pas été définitivement trouvés ».

Le comité central d'entreprise (CCE) n'a pas obtenu de réponse sur l'ampleur du prochain plan social. Les représentants des salariés ont juste été informés du projet de fusion. Lors du prochain CCE (dont la date n'est pas fixée), René Guillemin, actuel responsable industriel de Brandt pressenti pour devenir le numéro deux de Moulinex-Brandt, devrait exposer les grandes lignes du projet industriel. Un dossier qui sera mis en oeuvre par Patrick Puy appelé à diriger le groupe.

Directeur général du géant de l'équipement électrique Legrand, où il était désigné comme le dauphin de l'actuel président François Grapotte, Patrick Puy a choisi l'aventure de la fusion Moulinex-Brandt. Il apparaît comme « l'homme neuf et neutre », décrit par Pierre Blayau comme profil idéal de son successeur.

Après quatre ans et demi à la présidence de Moulinex, Pierre Blayau est soulagé de passer la main. Même s'il n'a pas réussi à redresser la situation financière faute d'avoir engagé une restructuration assez drastique, il a profondément modernisé le groupe fondé par Jean Mantelet en 1932 et poursuivi son expansion à l'international.
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Article extrait
du magazine N° 1692

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