Musique Les sources se multiplient

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Assortiment - Alors que le secteur souffre du piratage, les modes d'accès à la musique se multiplient : physiques ou numériques, payables au titre ou au forfait, sur baladeur, chaîne ou mobile...

C'est paradoxal ! Jamais la musique n'a été aussi présente dans la vie quotidienne et, dans le même temps, jamais ce marché n'a autant souffert que ces dernières années. Les consommateurs français ont pourtant à leur disposition des offres légales chaque jour plus variées pour écouter de la musique. À commencer par les CD physiques. « Les clients le considèrent encore comme le support idéal pour écouter de la musique mais pas à n'importe quel prix », note Guy Messina, directeur du disque et de la vidéo à la Fnac. « Nous multiplions les offres telles qu'un disque gratuit pour l'achat de trois ou le lancement d'albums à 9,99 E. Les ventes suivent, prouvant que l'élasticité au prix est très forte. »

Les offres numériques se multiplient également. Apple, avec sa boutique iTunes, a créé le modèle de référence pour la vente dématérialisée. Si aux États-Unis la marque s'octroie quelque 80 % des ventes numériques, la France bénéficie, elle, de la concurrence des plates-formes de la Fnac et de Virgin Megastore. Un atout plutôt boudé par les consommateurs. « Nos ventes ont progressé de 40 % en volume en 2006, note Julien Ulrich, directeur général de VirginMega, mais cette progression s'est faite essentiellement sur le premier semestre. » Pour séduire les Français, les deux plates-formes partent en croisades contre les DRM, les mesures techniques de protections imposées par les éditeurs qui, « faute d'interopérabilité, limitent le libre accès aux fichiers musicaux et incitent les consommateurs à la piraterie », juge Denis Olivennes, PDG de la Fnac.

En avant-première

 

Depuis janvier, les deux sites proposent respectivement 170 000 et 200 000 titres sans DRM et compatibles avec tous les baladeurs, négociés avec des maisons de disques indépendantes. « Les ventes de ces titres ont doublé très rapidement », commente Frank Leprou. Les deux sites développent également des offres spécifiques comme la possibilité de télécharger un titre en avant première, plusieurs semaines avant la sortie de l'album en magasin (pour Aznavour, les Enfoirés ou Céline Dion en février), des packs avec des tarifs avantageux (50 titres pour 45 E) ou des catalogues thématiques avec des qualités d'écoute supérieures, comme VirginMega-classique.

Autre modèle, celui du forfait. MusicMe, après avoir développé un service d'écoute illimitée de ses 600 000 titres pour 9,99 Emensuels, propose désormais le téléchargement illimité à 14,95 E par mois. Certains intervenants, mêlant souvent matériels et contenus, tentent aussi leur chance. Universal Music France et la marque Neo se sont associées pour lancer un baladeur avec un accès pendant six mois au site buzzmusic.fr et à ses 500 000 titres pour 99,90 E. Après ce laps de temps, les fichiers téléchargés sont verrouillés et l'utilisateur peut, s'il le souhaite, prolonger l'abonnement pour 9,90 E par mois.

Série limitée

 

Le baladeur préchargé fait également des émules, inspirées d'expériences étrangères : « En Espagne, où les lois sur les droits d'auteurs sont moins astreignantes qu'en France, nous avons lancé en juillet et en série limitée notre baladeur IMP 11-12 avec un packaging et un contenu de quatre heures dédiés au groupe Mecano, explique Pierre Girard, directeur général France et directeur marketing international d'Inovix. 20 000 exemplaires ont été vendus, les consommateurs en ont fait un objet de collection. »

Pour leur part, la marque Creative et MusicMe viennent de signer un partenariat valable du 1er mars au 30 avril : ils proposent, pour l'achat d'un baladeur de la gamme Zen (à partir de 89,99 E) plus 1 E, de bénéficier de la formule de téléchargements illimités de musicMe pendant trois mois. Enfin, l'écoute de musique sur mobile se développe avec l'arrivée des téléphones 3G, notamment chez Sony Ericsson (ligne Walkman) ou Samsung (gamme Ultra Edition). « Ce mode de consommation est encore émergent mais va se développer », estime Jean Stellitano, directeur général de la société MOK, qui propose des bornes de téléchargement de musique pour MP3 aux magasins, et bientôt pour mobiles. Conséquence, les opérateurs de téléphonie comptent bien prendre leur part des ventes numériques de musique. SFR en tête, qui, avec un tarif au titre désormais aligné à 0,99 E, revendique déjà 15 % de la musique dématérialisée avec sa plate-forme SFR Music. Rien n'est cependant encore gagné pour ces mobiles. « D'une part, leur ergonomie et leur capacité de stockage laisse encore à désirer, estime Philippe Person, délégué général du Syndicat des détaillants spécialisés du disque (SDSD). D'autre part, le consommateur cherchera à payer moins cher et comme la plupart de ces téléphones utilisent la technologie Bluetooth, ce nouveau mode de consommation n'échappera pas au handicap du piratage. » Les choses basculeront peut-être avec le tant annoncé iPhone d'Apple. Arrivée prévue en juin mais... seulement aux États-Unis.

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Article extrait
du magazine N° 1987

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