Marchés

Naissance d'un embouteilleur de dimension européenne

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L'embouteilleur néerlandais Refresco avale le britannique Gerber Emig. Le nouvel ensemble sera le numéro un des boissons non alcoolisées sous MDD ou en copacking sur la plupart des marchés d'Europe de l'Ouest.

Les enjeux de la fusion

Atteindre une taille critique. Construire des positions de leadership pour peser en amont (fournisseurs de matières premières, d'emballage, etc.) et en aval (distributeurs, industriels, etc.). Mutualiser les savoir-faire des deux sociétés. Disposer d'une meilleure couverture géographique en Europe.

Numéro un au Royaume-Uni, en Pologne, en Allemagne et en France, quoique talonné par La Laiterie Saint-Denis-de-l'Hôtel (LSDH), l'embouteilleur néerlandais Refresco renforce ses positions sur de nombreux marchés en fusionnant avec l'un de ses rivaux, le britannique Gerber Emig. Ces concurrents, tous deux spécialistes des boissons non alcoolisées en copacking, ont préféré se rapprocher afin d'être plus vigoureux sur des marchés quasi tous en perte de vitesse.

Feu vert de Bruxelles

REFRESCO GERBER EN CHIFFRES

  • 2,3 MILLIARDS D'EUROS Le chiffre d'affaires
  • 6,5 Mrds litres La production annuelle de conditionnements (briques, PET, verre, canettes, poches...)
  • 4 700 salariés

Source : Refresco, estimation 2013

Ils ont obtenu en octobre dernier le feu vert de la Direction générale de la concurrence de la Commission européenne pour cette opération de concentration. À une seule condition, vite acceptée : la cession d'une usine allemande appartenant à Gerber, à Waibstadt. Adossé à des fonds d'investissement, Refresco détient ainsi 72,5% des actions du nouvel ensemble, baptisé Refresco Gerber, et les actionnaires familiaux de Gerber Emig se partageront 27,5% du capital. Ensemble, ils réaliseront un chiffre d'affaires de 2,3 milliards d'euros, soit l'équivalent des ventes de Coca-Cola Entreprise rien qu'en France. Car, en Europe, le monde des copackers est encore morcelé : outre Refresco et Gerber Emig, les distributeurs peuvent compter sur de nombreux fabricants de MDD comme LSDH, Roxane (groupe Neptune), le britannique Britvic pour les jus de fruits, l'Européenne d'Embouteillage qui appartient au groupe Orangina-Schweppes, sans compter sur quelques acteurs allemands.

À l'inverse, les fournisseurs et les clients de fabricants de MDD sont « concentrés ». Il en est ainsi du jus d'orange brésilien, soit 80% du marché mondial. Une matière première que se partagent seulement trois acteurs. « Il faut peser pour obtenir des prix convenables », estime Vincent Delozière, directeur général de Refresco France devenu, depuis la fusion, directeur de Refresco Gerber France. Et puis, les marchés européens, sauf en Europe de l'Est, ne sont guère en croissance. « Cette opération de consolidation est la seule façon aujourd'hui de générer de la croissance, analyse l'expert Philippe Jaegy, vice-président de Solving Efeso. C'est également un moyen d'amortir les coûts fixes sur une plus grande échelle et de mutualiser les expertises R et D, techniques ou logistiques. »

Implantation dans le Nord

En France, Refresco hérite une usine de Gerber Emig, celle du Quesnoy (59). Un site spécialisé dans la fabrication de jus de fruits en brique carton. « Nous ne disposions pas encore de ce savoir-faire », explique Vincent Delozière.

Autre intérêt du site : sa localisation. Les quatre sites de Refresco France sont tous implantés dans le Sud-Est. Le Quesnoy, ancienne usine de Candia, pourrait accueillir une ligne pour canettes ou PET, afin de satisfaire au plus vite les magasins du Nord de la France. Refresco Gerber France réalisera un chiffre d'affaires d'environ 500 millions d'euros.

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