Nectavigne, du sang neuf pour la nectarine

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Innovation Cette variété, développée au sein d'un club variétal, se positionne sur le créneau du haut de gamme, et apporte de la nouveauté dans le secteur des fruits d'été.

Une bouffée d'air ? Dans un contexte difficile en fruits d'été, l'arrivée d'une nouvelle variété de nectarine haut de gamme laisse entrevoir aux producteurs des coteaux du Lyonnais et du sud de la vallée du Rhône la possibilité de développer une niche à haute valeur ajoutée. Nectavigne résulte d'un programme d'hybridation lancé dans les années 70 afin de croiser la pêche de vigne et la nectarine. À l'origine, la pêche de vigne était plantée dans les vignobles comme témoin pour prévenir les maladies susceptibles d'attaquer la vigne. Elle a développé une chair rouge, juteuse, acidulée et très aromatique, caractéristiques que l'on retrouve dans la nectavigne.

Cette variété s'est développée au sein d'un club variétal, une démarche très en vogue dans le secteur des fruits. Cette structure, qui associe l'éditeur de la variété, trois groupements de producteurs et leurs structures de mise en marché, permet une gestion des droits associés à cette variété, et de son développement en production. Et aussi de dégager des moyens commerciaux et marketing dédiés à la variété.

Le programme d'hybridation a abouti à de premières plantations dans les années 90. La production est encore confidentielle, avec une cinquantaine d'hectares dans la région. « Sur un marché français de la pêche-nectarine de l'ordre de 400 000 tonnes, la pêche de vigne ne représente que 2 000 tonnes, et la nectavigne environ 500 tonnes », confirme Renaud Pierson, de Starfruits, l'éditeur de la variété.

Premiers essais en GMS

Le produit est actuellement présent de la seconde quinzaine de juillet à la seconde quinzaine de septembre. « Il nous faudrait des variétés un peu plus précoces pour élargir le calendrier de production », estime Johann Gaunard, un jeune producteur qui a beaucoup misé sur Nectavigne et planté quatre hectares.

Côté commerce, des tests ont été réalisés, dès 2001, en région lyonnaise, les premiers volumes étant plutôt réservés à des grossistes. Cette année, les producteurs ont commencé à toucher les GMS. Le premier objectif est de faire con-naître le produit. « Nous touchons des enseignes comme Grand Frais, Carrefour, Casino et Metro, explique Jean-Bernard Cherblanc, le directeur commercial de la coopérative Sicoly. Nous avons programmé une quarantaine d'animations. Certains magasins ont décidé de les mettre en avant au moment des foires aux vins à cause de la proximité des deux produits. »

Pour Bruno Vaissiere, le directeur du GIE Vergers de l'Hermitage, les premiers essais sont satisfaisants : « Le produit ne laisse pas indifférent et beaucoup des acheteurs qui testent le produit en rachètent. » Des signes encourageants qu'il faudra conforter en 2005 avec une production plus importante.

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Article extrait
du magazine N° 1875

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