[Négociations commerciales] Coop de France pas satisfait de la loi Sapin 2

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Coop de France ne veut pas que des indications de prix payés aux producteurs figurent dans les conditions générales de ventes destinées aux distributeurs, ni à des indicateurs de coûts et d'indice de prix, qui seraient gérés par les interprofessions. "Ces mesures se superposent aux règles de fonctionnement des coopératives qui prennent déjà en compte les coûts de production de leurs adhérents, propriétaires de leurs coopératives"...

Michel Prugue, président de Coop de France, estime que les mesures votées ajoutent un formalisme inutile
Michel Prugue, président de Coop de France, estime que les mesures votées ajoutent un formalisme inutile

La rédaction de la loi Sapin 2, pour son volet relations commerciales, ne convient pas du tout aux coopératives agricoles et agroalimentaires. Qui viennent de le faire savoir par voie de communiqué. Certes, il ne faut pas heurter le législateur, et le communiqué est habile. Il salue d'abord la décision des députés concernant les négociations tripartites (producteurs, transformateurs, distributeurs). Ces derniers ont en effet voté pour un rapport - un de plus - avant que d'adopter cette mesure. Qui, du coup, fait l'objet d'un enterrement de première classe.  Le rapport devrait être rendu d'ici la fin de l'année, c'est à dire en même temps que celui commandé par Emmanuel Macron, à trois économistes, dont on ne sait trop s'ils sont des chevronnés de la relation commerciale. 

Mais le satisfecit introductif de Coop de France est un préliminaire qui vise surtout à faire passer le message d'insatisfaction quant à la mesure adoptée par l'Assemblée nationale qui oblige à préciser les prix qui seront payés aux producteurs dans les conditions générales de vente, lesquelles sont transmises aux distributeurs pour démarrer les négociations commerciales. En clair, le prix du beurre Paysan Breton pourrait faire l'objet d'un arbitrage de Système U ou Auchan, en fonction du montant du prix du lait que Laita aura payé à son adhérent producteur ! Idem pour le yaourt Danone - du côté des industriels privés. Ou pour Mamie Nova...

"L’indication d’un prix prévisionnel moyen payé au producteur dans les conditions générales de vente illustre l’inadéquation de la mesure avec les règles sui generis des coopératives qui, de par leur règlement et statut, ne peuvent déterminer une rémunération a priori. De même, l’introduction d’indicateurs de coûts et d’indices de prix comme références obligatoires dans les contrats dits « amont » afin de garantir un prix juste aux agriculteurs se superpose aux règles de fonctionnement des coopératives qui prennent déjà en considération les coûts de production de leurs adhérents, propriétaires de la coopérative", précise le communiqué. 

Coop de France préfère donc attendre la fameuse "étude d'impact économique la mise en oeuvre de la LME", demandée par Emmanuel Macron. « Il ne s’agit plus aujourd’hui d’apporter des réponses ponctuelles, qui n’auront que des effets limités, voire contreproductifs, mais de traiter l’ensemble des enjeux relatifs aux relations commerciales au sein de la filière alimentaire. Acceptons un débat de fond, sans opposer le revenu des agriculteurs au pouvoir d’achat des consommateurs ! » a déclaré Michel PRUGUE, Président de Coop de France. Evidemment, tous ces amendements qui ne conviennent pas à Coop de France ont été demandés... par la FNSEA, et ses fédérations, comme la Fédération des producteurs laitiers (FNPL) de Thierry Roquefeuil

 

 

 

 

 

 

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