Marchés

Nestlé et Danone unis pour lancer un PET 100% biosourcé

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Pour la première fois de leur histoire, ces deux concurrents se sont alliés à une même start-up californienne en vue de lancer, en 2020, des bouteilles fabriquées à partir de ressources durables et renouvelables.

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Pilot Plant_Sacramento.jpg© photos : NaturALL Bottle Alliance

D’ici à 2020, le rayon des eaux devrait vivre une révolution. Une révolution invisible mais capitale en matière de développement durable. « Nous mettrons alors sur le marché des bouteilles sans une goutte de pétrole, car elles seront à 75% – et 95% en 2022 –, en PET issu de ressources durables et renouvelables », annoncent ensemble Frédéric Jouin, responsable R & D des matériaux plastiques du groupe Danone, et Klaus Hartwig, responsable R & D de Nestlé Waters. Danone et Nestlé, unis pour un même challenge ? Oui, car si ces acteurs sont concurrents, notamment sur le commerce de l’eau en bouteille, ils ont décidé de faire cause commune pour une « rupture technologique menée au bénéfice de la planète, car elle améliorera notre empreinte carbone ».

Pour cela, ces deux géants financent les travaux d’Origin Materials, une start-up californienne à la pointe en matière de création de PET (polyéthylène téréphthalate) d’origine non pétrolifère, qui emploie 40 chercheurs. Basée à Sacramento, Origin Materials a été créée en 2008 par un docteur en chimie, John Bissell. Son credo ? Développer des matériaux biosourcés, à partir de cellulose dont l’origine n’entre pas en compétition avec les ressources alimentaires. « Dans un premier temps, les recherches d’Origin Materials se concentrent sur le carton usagé, la sciure et les copeaux de bois. Ensuite, John Bissell prévoit d’étendre ses travaux aux pailles de blé et de riz », résume Klaus Hartwig. L’idée étant d’utiliser localement la matière première la plus abondante : la paille de riz en Asie, celle de blé en Europe.

 

Au même prix que le PET classique

Jusqu’à présent, les acteurs de l’eau sont en mesure de proposer des bouteilles en PET à 30% biosourcé, fabriqué le plus souvent à base de sucre. « Il n’existait pas de technologie capable de produire les 70% restants à partir de matériaux cellulosiques. C’est précisément sur ces 70% que travaille Origin Materials », explique Klaus Hartwig. Cette start-up a, de fait, bien avancé : « Dans son laboratoire, elle a déjà produit des échantillons de bouteilles biosourcées à 80%. Elle construit actuellement une unité industrielle qui sera opérationnelle en 2018 et produira dans un premier temps 5 000 tonnes de PET biosourcé , détaille Frédéric Jouin. Il fallait que le PET biosourcé d’Origin Materials dispose des mêmes qualités que le PET classique. Ce sera le cas. »

Ainsi, ce matériau du futur ne devrait pas coûter plus cher que le PET classique et sera recyclable dans les filières existantes. Autre atout : il ne nécessitera pas d’investissements industriels supplémentaires. Pour s’assurer du bon déroulé des recherches, le comité de pilotage réunit tous les deux mois Frédéric Jouin, Klaus Hartwig, John Bissell et quelques autres parties.

Sylvie Leboulenger

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