Nicolas Hulot projette de taxer les "bétonneurs" de terres agricoles

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Selon le journal le Parisien, Nicolas Hulot, ministre de l'Écologie projette de taxer tous les « bétonneurs », édificateurs de centres commerciaux, logements ou bureaux, qui contribuent à l’artificialisation des terres agricoles. Taxe proportionnelle à la surface occupée qui financerait la préservation de la biodiversité. Pour le moment le projet n’en est qu’au stade de proposition au Premier ministre. Mais nul doute qu’il ne trouve en face, une profession de l’immobilier commercial mobilisée comme elle l’avait été en 2015 contre le projet de loi de Ségolène Royal imposant, déjà, des contraintes de végétalisation des toits et de limitation des places de parking hors de toutes concertations.

Le manège des grues au-dessus des chantiers de construction a toujours été signe de prospérité économique. Dès lors qu’elles prendront pour décor des terres agricoles, elles pourraient devenir synonymes de taxations ! C’est en tout cas le projet de Nicolas Hulot, ministre de l'Écologie, qui propose au Premier Ministre une loi imposant un système de taxe proportionnelle à la surface occupée qui financerait la préservation de la biodiversité
Le manège des grues au-dessus des chantiers de construction a toujours été signe de prospérité économique. Dès lors qu’elles prendront pour décor des terres agricoles, elles pourraient devenir synonymes de taxations ! C’est en tout cas le projet de Nicolas Hulot, ministre de l'Écologie, qui propose au Premier Ministre une loi imposant un système de taxe proportionnelle à la surface occupée qui financerait la préservation de la biodiversité

La promotion immobilière n’a décidemment pas la cote. Du moins en pleins champs. Et notre pays manifeste, au nom de la défense de la biodiversité, un retour d’attachement à ses racines agricoles, comme on a rarement connu ! Selon le journal Le Parisien, Nicolas Hulot, ministre de l'Écologie propose, en effet, de taxer les "bétonneurs" pour protéger les terres agricoles. Selon notre confrère Nicolas Hulot étudie une nouvelle source de financement qui permettrait de lutter contre l'artificialisation des sols et de financer la préservation de la biodiversité. Pour le moment, le ministre en est à l’étape de la réflexion et de la proposition au Premier ministre, qui l’a cependant "invité à y travailler".

Contre l’artificialisation des terres agricoles

Dans le principe, cette taxe serait proportionnelle à la surface concernée par les projets. Belle "manne" en perspective, puisque cela concerne autant les centres commerciaux, que les bureaux ou les logements. Tout ce qui "mange de la terre" hors des centres urbains. Et qui par voie de conséquence influe négativement sur "l'équilibre climatique, la préservation de la biodiversité et notre souveraineté alimentaire" argue Nicolas Hulot. Toujours de même source un sondage Ifop publié par l'ONG environnementale WWF France établit que 78% des Français seraient favorables à un moratoire sur l'artificialisation des terres agricoles dès 2020.

Le précédent de la loi biodiversité de Ségolène Royal

Contacté par LSA, le service de presse du Ministère de la Transition écologique et solidaire a déclaré n’avoir, à cette heure, diffusé aucun communiqué officiel. On se doute que la profession de l’immobilier commercial suivra de très près ce dossier. Déjà, le projet de loi sur la biodiversité, présenté à l’Assemblée nationale en mars 2015, par Ségolène Royal, alors Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie avait suscité un grand tollé, en ajoutant des contraintes de végétalisation des toits et de limitation des places de parking à des acteurs déjà drastiquement encadrés par les textes et certifications en place. Et surtout très engagés dans l’écoconception de leurs projets ! Une autre actualité, plus récente, témoigne encore de la mobilisation des opinions en faveur de la sauvegarde des sols. Le vaste projet EuropaCity au nord de Paris, étant accusé de sacrifier des terres agricoles par des opposants écologistes se réclamant justement de…. Nicolas Hulot.

La solution : verticaliser !

Nous avons joint, en revanche, Bertrand Boullé, président du cabinet expert Mall & Market et administrateur du Centre National des Centres Commerciaux qu’un tel projet de loi n’étonne guère. "Cette taxe a bien des chances de passer, déclare-t-il. Nous sommes dans l’œil du cyclone". Notamment conseil dans le montage de dossiers présentés en CDAC et CNAC (commissions, respectivement départementales et nationales, d'aménagement commercial) Bertrand Boullé connaît bien les arcanes de la législation. "Depuis au moins deux ans, les décisions de créations de centres ou magasins sont considérés d’un œil très critique dès lors qu’ils s’opèrent dans des champs. De même, plus de parkings en surface, consommateurs de terre, il faut tout enterrer, quelle que soit l’emprise disponible. Force est de constater que les projets ‘‘politiquement corrects’’ se font sur d’anciennes friches commerciales ou industrielles ou au coeur de zones déjà bâties". Si le projet est voté, les foncières paieront donc ! Est-ce la fin d’une certaine idée de l’immobilier commercial "d’étalement " ? Le commerce et ses chalands ayant la réputation de ne pas aimer les offres étagées. "Il faudra pourtant aller vers la verticalité, empiler les offres, estime le président de Mall & Market. C’est sous la contrainte que naissent les nouveaux concepts, et c’est dans la nature du commerce de s’adapter aux écrins qu’on lui donne ». Tel Décathlon qui aujourd’hui ne céderait évidemment pas ses 3 étages Avenue Wagram à Paris, à la place de la Fnac. Quand sa nature était précédemment "d’horizontaliser" ses assortiments dans les aires périphériques.  

 

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