No business...

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Yves Puget
Yves Puget©Bernard Martinez

Pourquoi diable consacrer la rubrique Événement, la tête de gondole de ce magazine, aux parkings des grandes surfaces ?

Cette semaine, la rédaction de LSA aurait pu s'épancher sur l'intervention de Nicolas Sarkozy et les éventuelles hausses de la TVA qui planent au-dessus des entreprises... et des clients. Il n'aurait pas, non plus, été saugrenu d'évoquer les dépenses de consommation des ménages, qui reculent de 0,5%, en septembre ; de traiter l'OPA que lance le promoteur immobilier Altarea-Cogedim sur le site internet RueDuCommerce; ou de mettre en avant la « slow attitude », cette nouvelle tendance de consommation. Le reportage sur l'hyper Auchan de Bagnolet, avec ses 42 nationalités dans son effectif, aurait, lui aussi, été digne d'une telle mise en avant. Sans oublier le point sur les premiers tests de RFID ou les ambitions du « guide des bonnes pratiques » de la vente en ligne. Et pourtant, nous avons décidé de consacrer la une aux parkings des centres commerciaux.

Pourquoi un tel choix, qui, au premier abord, peut paraître terre-à-terre face aux secousses qui bouleversent notre quotidien ? Eh bien, parce qu'il ne sert à rien de rabâcher, semaine après semaine, que la Bourse dévisse, que la consommation patine, que le moral des Français est en berne et que celui de leurs dirigeants n'est guère meilleur. Aujourd'hui, il est plus que temps de se retrousser les manches. Il est urgent de consolider ses bases, de retourner aux fondamentaux. Et dans la grande distribution, depuis le premier supermarché, en 1958, ou le premier hypermarché, en 1963, tout passe... par le parking. Les grandes surfaces sont nées de l'explosion du marché de l'automobile. Et si des patrons de magasins ou de centres commerciaux arpentent quotidiennement les surfaces de vente, ils devraient se balader un peu plus souvent dans leurs parkings et essayer d'entrer dans ces espaces de stationnement - première et dernière image du point de vente - aux heures de pointe pour débusquer l'emplacement tant recherché. Ils y découvriraient bien souvent une jungle, où la course à la place libre s'apparente à la quête du Graal et où la recherche du chariot n'est pas une sinécure.

Or, les distributeurs savent pertinemment qu'ils souffrent, aujourd'hui, d'un problème de trafic (- 5,6% pour les hypers Carrefour au troisième trimestre). Face à des consommateurs pressés, économes et de plus en plus adeptes du shopping « virtuel », face à des clients qui redécouvrent le centre-ville et se laissent séduire par les enseignes spécialisées, les généralistes doivent tout mettre en oeuvre pour charmer, attirer et fidéliser. Et même si de gros efforts ont été faits ces dernières années (signalétique, aménagement...), le moment du stationnement est encore trop souvent vécu comme la véritable corvée. N'oublions pas Bernardo Trujillo, un des fondateurs, dans les années 50, du concept de la distribution moderne, qui clama : « No parking no business ! » Soixante ans plus tard, les parkings sont toujours là, mais le business s'érode quelque peu...

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Article extrait
du magazine N° 2203

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