NOËL INCERTAIN

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Qui faut-il croire ? Jean-Pierre Raffarin, qui affirme tout de go qu'« officiellement la croissance est revenue et qu'elle se sentira dans chaque foyer en 2004 » ? Se risquant même à prévoir une hausse de 1,7 % à 2 % du PIB en 2004 et plus de 2 % en 2005. Ou les Français, qui, selon l'étude du cabinet Deloitte (lire p. 36 et 37), s'estiment en récession et anticipent une baisse de leur pouvoir d'achat ?

Quelques signes encourageants - un PIB en hausse de 0,4 % au troisième trimestre, un début de reprise aux États-Unis... - sont en faveur du Premier ministre. Et pourtant, on ne saurait donner tort aux consommateurs puisque la croissance française ne devrait atteindre que 0,2 % en 2003. Soit le pire résultat depuis dix ans ! C'est pourquoi la prudence prévaut chez les économistes, ces derniers préférant se réfugier derrière la menace de plus en plus tangible d'un euro fort et, surtout, sur la fragilité de la consommation. Certains allant même jusqu'à affirmer que cette dernière constituera le maillon faible de la reprise ! Il est désormais clair que la flambée des ventes de septembre cachait une simple correction de la faiblesse des mois passés et qu'elle ne s'est renouvelée ni en octobre ni en novembre.

Bien évidemment, la consommation ne s'écroulera pas. Elle restera notamment soutenue par l'effet mini-baby boom qui permettra aux ventes de fin d'année et aux soldes de janvier de rattraper en partie la morosité automnale. En revanche, la croissance annuelle de la consommation ne devrait pas dépasser 1,6 % tant en 2003 qu'en 2004. Bien loin des 3 à 3,6 % enregistrés chaque année de 1998 à 2000.

Plusieurs facteurs sont en cause. Les ménages s'inquiètent de leur pouvoir d'achat. La vision qu'ils ont de leur niveau de vie et de leurs finances personnelles se dégrade. Il en résulte une propension à moins dépenser et à davantage épargner. Par ailleurs, les récentes données sur le chômage pèsent sur le moral de nos compatriotes et la politique économique suivie suscite quelques inquiétudes. L'enjeu du gouvernement Raffarin est bien là. Il faut redonner confiance aux Français. Un état d'esprit qui ne se « décrète » pas. C'est pourquoi le Premier ministre et son gouvernement multiplient les déclarations optimistes. La question n'étant pas véritablement de savoir si ces prévisions sont crédibles (elles ne le sont que rarement). Mais plutôt d'inciter les Français à retrouver des raisons d'espérer. Et donc de consommer.

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Article extrait
du magazine N° 1838

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