Nomatica cherche un repreneur

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Victime d'une crise de croissance, le pionnier toulousain de la vente en ligne d'appareils numériques a déposé son bilan. Son fondateur cherche une solution de reprise.

Le dépôt de bilan de Nomatica, hypothèse annoncée comme probable par LSA n° 1926, est effectif depuis le 5 décembre. « Après un an de recherche infructueuse de capitaux, j'ai choisi de placer Nomatica sous administration judiciaire, précise Christophe Cornuéjols, PDG et fondateur de la société en janvier 2000. Nous n'avons plus, à ce jour, de quoi reconstituer les stocks. » Le projet d'augmentation de capital d'environ 10 millions d'euros, décidée fin 2004 « pour nous permettre de jouer dans la même cour que nos homologues », n'a pas trouvé preneur.

L'aventure avait bien commencé. La start-up, pionnière de la vente en ligne d'appareils photo numériques, avait été une des premières enseignes internet à dégager des bénéfices. Cela a duré trois ans, assez pour convaincre Nomatica de s'engager dans une croissance à marche forcée. En quatre ans, l'entreprise déménage cinq fois, doublant surface et effectifs à chaque étape. Elle développe en interne pas moins de 21 versions linguistiques, rachète le site britannique Internet Direct à l'été 2004. Investissant sans compter, Christophe Cornuéjols en oublie ce qu'il appelle « la règle d'or des sites : une personne pour 1 million d'euros de chiffre d'affaires ».

L'entreprise emploie 170 personnes fin 2004, pour un chiffre d'affaires de 70 millions d'euros. Mais la concurrence sur le marché de la photo numérique devient insoutenable. En urgence, Nomatica se diversifie : GPS, écrans plasma, mobiles puis « maison intelligente » sous le nom de Homatica.fr. Trop tard. « C'est seulement maintenant, au bout d'un an, que les ventes commencent à décoller », observe le PDG. Nomatica s'adapte en réduisant les charges. L'effectif est ramené à 60 personnes en douze mois. Fin 2005, le point mort est abaissé à 3,5 millions d'euros, contre 9 millions un an avant.

Un besoin de 4 à 5 millions d'euros

Cela n'a pas suffi pour convaincre les premiers apporteurs de capitaux, Turenne Capital Partenaires et Dassault Développement, qui avaient investi 3 millions en 2003, de remettre au pot. Aucune autre piste de refinancement n'a abouti. « Il n'est pas impossible que certains aient estimé avoir intérêt à attendre un peu », analyse, lucide, le fondateur. Avec un passif de 2 millions d'euros, un besoin de financement pour relancer l'activité estimé de 4 à 5 millions d'euros, Nomatica pourrait être une bonne affaire pour un repreneur. « Mais il faut faire vite, trois mois maximum, estime Christophe Cornuéjols. Au-delà , notre bonne notoriété sera retombée. » Dans l'économie internet, les fortunes se font et se défont toujours à haut débit.

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Article extrait
du magazine N° 1933

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