Non, Movember n’est pas responsable des déboires de Procter&Gamble

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Son « accusation » est reprise partout ! Face aux mauvais résultats de Procter & Gamble sur les rasoirs, le directeur financier, Jon Moeller, a pointé du doigt l’association Movember, en tant que responsable de la baisse des ventes. En incitant les hommes à se laisser pousser la moustache, ces derniers ne dépenseraient plus rien en métal tranchant…

 

Cette accusation, bien que jamais rapportée directement, mais reprise en boucle dans les médias américains et français est pour le moins surprenante. Tout d’abord, il est intéressant de noter que Procter & Gamble est partenaire de l’opération Movember, en France comme aux USA, via sa marque Gillette. Le géant américain lui a remis cette année, rien qu’en France, un chèque de 30 000 euros. Accuser ainsi son partenaire de ses déboires sur le marché alors même que PG considérait que les deux « partage[ait] les valeurs de camaraderie, d’esprit d’équipe, de dépassement de soi… ainsi qu’une certaine idée de l’élégance masculine dans la lignée du style aujourd’hui devenu vintage des « gentlemen » », constitue un retournement de veste assez inattendu.

la moustache et le rasoir

Car oui, depuis deux ans, et notamment la sortie du Proglide Styler, Gillette promeut le bouc, la barbichette, ou la moustache … Tout comme Movember ! Face à l’effet barbe de trois jours, réelle cause de la baisse des ventes de rasoirs, la marque a intelligemment pris le parti de laisser les hommes se laisser pousser les poils, mais de les rendre plus soignés. Comme la moustache l’exige par exemple…

Car oui, encore une fois, il faut bien un rasoir pour se laisser pousser la moustache ! N’en déplaise à Jon Moeller, une barbe pousse uniformément sur le visage. Et la moustache consiste à se raser partout, sauf sur la lèvre supérieure ! Ainsi, promouvoir la moustache, comme le fait Movember depuis 10 ans, est éloigné de tout rapport avec la baisse des ventes.

La faute aux promotions

En revanche, une autre cause pourrait peut-être avoir son effet. En tout cas, en France. Comme LSA l’indiquait le marché du rasoir a subi en 2011 et en 2012 une hausse de la promotion. Les deux premiers du marché – Gillette et Wilkinson – s’accusaient ainsi respectivement de surenchérir chacun avec des promos astronomiques. Dans le seul but de conserver leur parts de marché. Ainsi, les hommes ont pu faire du stock. Acheter 10 lames pour le prix de 5 retarde d’autant plus le réachat ! Ajoutons à cela l’effet de barbe de trois jours, ou du moins du laisser aller dans le rasage, qui espace  le renouvellement des lames. Pas étonnant que ce marché soit aujourd’hui en baisse de près de 5% en volume…

Dans ce contexte, la sortie du directeur financier, telle qu’elle est présentée, est pour le moins surprenante. Comme s’il fallait trouver un coupable aux mauvais résultats de Gillette… 

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