« Nous voulons créer l'entreprise collaborative »

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Trente ans après sa création, l'organisme paritaire compte, pour la deuxième fois, un nouveau directeur général. Son objectif : avec les standards EAN.UCC, mettre les fournisseurs et les distributeurs en « intelligence électronique ». Pour cela, séduire davantage les PME.

LSA - Comment définissez-vous le rôle de Gencod EAN France ?

Pierre Georget - Gencod EAN France est né de la volonté des distributeurs et des fournisseurs français d'améliorer les échanges de données et de documents commerciaux. Sa mission est de développer, pour et avec les entreprises adhérentes des technologies, des applications et des outils standards. Ceux-ci ont pour but d'accroître l'efficacité de la chaîne de distribution du producteur au consommateur. Pour y parvenir, notre mode privilégié d'action reste la concertation. Elle se déploie autant dans le développement des solutions que dans leurs mises en oeuvre. Notre premier credo demeure la qualité et le service. Nos adhérents doivent trouver chez nous un véritable service d'accompagnement. Ensuite, nous devons développer une documentation simple et facile à assimiler. Démythifier la technologie reste un défi quotidien. Nous effectuons également un travail avec les fournisseurs de solutions pour qu'ils comprennent les attentes des PME. Autrefois, nous devions déjà former les imprimeurs aux codes à barres. Aujourd'hui, nous travaillons quotidiennement avec des SSII pour que les solutions d'échanges électroniques professionnels, d'étiquettes à radiofréquence, de traçabilité soient simples et peu coûteuses. Finalement, notre vision est de créer l'entreprise collaborative. C'est-à-dire une entreprise en intelligence avec tous les partenaires de ses circuits d'approvisionnement et de distribution, une entreprise prête à se connecter avec toute autre pour piloter efficacement la réalisation de ses contrats commerciaux. C'est un peu l'idée du nomadisme appliqué à l'entreprise, c'est-à-dire la mobilité et la flexibilité. La chaîne d'approvisionnements et les circuits de distribution sont aujourd'hui des réseaux d'information. L'entreprise doit être capable de se connecter à ces réseaux pour y jouer tous ses atouts commerciaux, logistiques et marketing.

LSA - Mais quels rôles jouent les standards ?

P. G. - L'objectif des standards est de simplifier la vie des entreprises en définissant les règles communes de communication entre elles. La conséquence en est la réduction des coûts de développement, d'acquisition et de maintenance des outils de communication entre les partenaires commerciaux. Le principe étant qu'il est plus simple et beaucoup moins coûteux de gérer une interface unique plutôt qu'une dizaine ou une centaine pour complaire aux exigences particulières de chacun : client ou fournisseur. Notre fil conducteur est que le standard apporte la simplicité et la transparence. Il autorise une concurrence saine pour des coûts raisonnables. En quelque sorte, nous remplissons une mission d'intérêt commun pour les différents acteurs des circuits de distribution. Nous sommes à la disposition de nos adhérents qui sont aussi bien de petites entreprises unipersonnelles que des multinationales de l'industrie ou de la distribution. Et tous les secteurs sont concernés car tous vivent les mêmes expériences de ruptures dans la chaîne d'information ; génératrices de litiges et de surcoûts.

LSA - Les petites entreprises ont-elles accès à ces outils ?

P. G. - L'existence de standards globaux constitue une chance pour les PME et TPE. Il leur suffit de connaître un langage de communication avec leur grand partenaire, le langage EAN-UCC, pour pouvoir saisir des opportunités de marché avec des grands groupes de l'industrie et de la distribution. Inversement, ces derniers ont besoin de faciliter l'accès des petites entreprises aux standards, se donnant ainsi les moyens d'une diversification des approvisionnements et offrant une réponse aux particularités locales. Reste que la mise en oeuvre de ces applications collaboratives des standards nécessitent du temps. Et les PME manquent de temps. Il faut donc simplifier l'accès à ces technologies. C'est notre rôle et, bien souvent, nous constatons que ces moyennes entreprises sont plus réactives que les grands groupes vis-à-vis des applications portées par ces nouvelles technologies. Il y a donc toujours une part de changement pour laquelle Gencod EAN France leur apporte son soutien. Il faut donc, dans la concertation, conduire le changement non plus seulement en interne, mais aussi dans les relations interentreprises. Et ceci passe par une prise de conscience commune des objectifs d'amélioration pour l'ensemble de la chaîne de distribution. De l'élaboration des outils et de la mise en oeuvre concertée émerge un flot constant de propositions, de pistes de travail. Ce bouillonnement fait de Gencod EAN France un laboratoire d'idées que les représentants des entreprises qui participent dans ces comités s'emploient à canaliser pour les rendre techniquement viables, mais aussi économiquement réalisables. Ce laboratoire d'idées est également alimenté par les activités internationales et les échanges avec les 100 autres pays membres d'EAN International, y compris nos collègues nord-américains qui nous ont rejoint en 2002.

LSA - Quel a été l'apport

d'internet dans les échanges d'informations?

P. G. - Le Net a rendu simple et presque banal le principe de l'échange électronique professionnel. Mais nous devons faire un effort de sensibilisation pour que les entreprises comprennent que les échanges d'informations n'ont rien de mystérieux. L'Edi, les applications de e-procurement, les catalogues électroniques ont montré que la gestion électronique des transactions coûtait dix fois moins cher que sa gestion papier. Depuis la publication des décrets d'application sur la facture dématérialisée, nous avons maintenant l'opportunité de boucler complètement de façon électronique les flux d'échanges. C'est un de nos objectifs prioritaires de mener à bien cette électronisation avec nos 27 000 adhérents. Outre les gains qu'elle permettra, estimés selon les industries de 1 % à 3 % du prix de vente au consommateur, elle servira aussi de plate-forme pour conduire à bien la traçabilité. En effet, celle-ci ne peut-être mise en oeuvre qu'à partir du moment où les informations concernant les produits et les opérations sont accessibles de façon électronique.

De plus, on voit bien comment cette mise à disposition de l'information sous forme électronique conditionne le déploiement des étiquettes électroniques EPC et réalisera cette connexion de tous les objets et les acteurs du commerce.

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Article extrait
du magazine N° 1844

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