Nouvel avertissement sur résultats pour Carrefour

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Les ventes des hypers Carrefour en France ont reculé de 4,4 % à parc constant et hors essence au troisième trimestre, leur fréquentation a chuté de 5,6 %. Le titre perd plus de 5 %. Carrefour vaut à peine 11,5 milliards d'euros aujourd'hui.

Carrefour a de nouveau beaucoup déçu ce matin, jeudi 13 octobre. Le numéro deux mondial de la distribution, qui présentait son chiffre d’affaires du troisième trimestre, arguant d’un « environnement plus difficile » a de nouveau revu à la baisse son estimation de résultat opérationnel. En langage financier, cela s’appelle un avertissement sur résultats ou profit Warning, le troisième de l’année et cinquième en un an. Concrètement, le groupe table désormais sur un recul de son résultat compris entre « -15 et -20% », contre -15% jusque-là. « Le profit warning de trop », à en croire un certain nombre d’analystes. Les marchés financiers ont en tout cas sanctionné le titre avec une baisse de près de 5,5 % de l’action à la bourse de Paris, à 16,9 euros une petite heure avant la fermeture du marché. Cela alors que la valeur avait déjà plongé de 42 % depuis le début de l’année.
Au-delà des difficultés d’un groupe pénalisé par le poids de ses ventes dans les pays matures actuellement en crise comme l’Espagne, l’Italie, la France ou la Belgique et la primauté du format des hypers dans son réseau, ce sont surtout « les interrogations persistantes sur la stratégie et le management » qui fragilisent le titre aujourd’hui expliquent les analystes. Bref, le crédit de Lars Olfosson, PDG du groupe, se réduit de plus en plus. Et ce ne sont pas les derniers chiffres publiés qui vont lui redonner du lustre.
La situation de la France (43% du CA Groupe, en hausse +0,2% en comparable) reste délicate avec des hypers dont les ventes reculent à magasins constants et hors essence de 4,4% au troisième trimestre (vs -3,3% au T2) et qui semblent très pénalisés par un recul de la fréquentation (- 5,6% alors qu’elle n’est qu’en léger recul chez Géant Casino) et le non alimentaire (-9,6% ! à comparer à une baisse de -7,3% pour Géant Casino). Une contreperformance que Carrefour justifie par les premiers impacts du plan d’action « reset », qui parie sur une diminution des promotions – et des parts de marché pour un temps - au profit de baisse de prix directes, comme l’a expliqué Noel Prioux à LSA (n°2198), directeur exécutif de Carrefour France, dans sa première interview officielle.
En Europe de l’Ouest (21% du CA Groupe, -1,5% en comparable), l’Espagne (LFL de -1,9%) résiste, la Belgique continue d’afficher de plutôt bonnes performances (LFL de 2,7%) et l’Italie souffre (LFL de -3,7%).Sur les marchés de croissance, l’Amérique Latine (LFL de 7,4% vs 10,8% chez Casino) affiche de bonnes performances (Brésil, LFL de +5,7% vs à deux chiffres pour GPA), alors que le ralentissement en Chine (LFL de -1,7%) affecte la zone Asie (LFL de -1,6%). En Europe Centrale, la situation est compliquée, notamment en Grèce (-9,4% en LFL).
Concernant Carrefour Planet, le groupe indique que le déploiement sera en ligne avec le calendrier, avec 82 magasins convertis à la fin de l’année et 50 magasins déjà convertis (15 en France, 27 en Espagne, 6 en Belgique, 1 en Italie, 1 en Grèce).

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