Nouvelle génération

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Cette semaine, LSA consacre plus de 20 pages au commerce indépendant. Avec l’interview de Serge Papin, président de Système U (p. 10 à 13), une table ronde exceptionnelle avec sept adhérents des centres E. Leclerc (p. 58 à 65), et le compte rendu du premier Forum organisé par LSA sur ce thème (p. 66 à 73). Pour beaucoup, le groupement de commerçants indépendants est un particularisme bien ­français. Il est vrai que, dans l’alimentaire, ces associations d’entrepreneurs juridiquement et financièrement indépendants totalisent 44% de part de marché ! Il ne faut pourtant pas oublier que, dans les pays scandinaves, cette organisation est également prédominante.

Quant à la croissance, même si elle est réelle depuis de nombreuses années, elle n’est pas garantie ad vitam aeternam. Le retour en forme d’un succursaliste comme Carrefour démontre qu’il y a des cycles, que la roue tourne au gré des stratégies, des investissements et des éventuels embourgeoisements. De plus, comme tout le monde, ces enseignes craignent la conjoncture qui met à mal les comptes d’exploitation. Elles se méfient de l’arrivée de nouveaux entrants, tels Primark, Costco ou Amazon Fresh. Et elles redoutent aussi certains succursalistes qui, avec les bénéfices générés en Asie, Amérique du Sud ou Europe de l’Est, financent la guerre des prix… en France. Car les indépendants ont beau jeu de clamer que les intégrés dépendent de la Bourse. Eux, du moins un certain nombre, ont de très étroites relations avec leurs… banquiers. Les défis à relever sont donc multiples et ­conséquents.

Il en est un pourtant qui ne sera ni le plus médiatique, ni le plus coûteux, mais qui décidera de l’avenir de ces milliers de magasins. Ces entrepreneurs régleront-ils aisément leurs successions personnelles et collectives La deuxième ou troisième génération de dirigeants acceptera-t-elle de relever le défi du point de vente Ceux qui, demain, seront à la tête des magasins mais aussi des « centrales » auront-ils les capacités, la passion et l’imagination de leurs devanciers

Pour concevoir le commerce de demain, les enseignes en place devront, d’une part, savoir détecter et valoriser les talents en interne (car il y en a) et, d’autre part, recruter du sang neuf. Dans ce dernier cas, il s’agit de « débaucher » des hommes et des femmes d’expérience qui travaillent chez des concurrents ou dans un tout autre secteur.

Mais il leur faudra aussi devenir attractives et valorisantes auprès de jeunes issus de grandes écoles de commerce. Des diplômés qui, pour l’instant, préfèrent largement l’industrie à la grande distribution. Sans oublier, ceux qui ont en poche un CAP, un BEP ou un bac pro ­commerce. Car la distribution ne peut oublier sa vocation d’ascenseur social et se doit de toujours puiser dans ce vivier qui a fait son succès. Si toutes ces conditions sont réunies, le commerce indépendant conserva son dynamisme. Mais les indépendants et autres coopé­ratives de commerçants se doivent de garder à l’esprit la descente aux enfers qu’ont connue les coopératives de consommateurs (Coop d’Alsace, Coop de Normandie…). Histoire de se rappeler que rien n’est définitivement gagné… ypuget@lsa.fr @pugetyves

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Article extrait
du magazine N° 2326

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