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Nouvelle vague de concentrations dans les vins

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DossierConséquence de la crise, les acquisitions se multiplient dans tout le vignoble. Même les plus grosses entreprises ne sont plus à l'abri d'un rachat. Un mouvement inexorable qui devrait s'accélérer.

 

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Les caves de Bouvraie, le Domaine de la Beaume, Malesan, la Sorevie, Vinival, Donatien Bahuaud... Au cours de ces deux dernières années, plus d'une dizaine de grands noms du secteur ont changé de mains. Malmenés à l'international, fragilisés par la chute des cours, les opérateurs français du vin inaugurent une nouvelle vague de consolidation. En juillet 2004, alors que les dés semblaient jetés en faveur d'Alliance Loire, les Grands Chais de France annonçaient, à la surprise générale, le rachat de Vinival, premier négociant des vins du Val-de-Loire basé à Mouzillon (Loire-Atlantique). Les difficultés de Vinival, dont l'endettement s'élevait à 24M€ pour seulement 2M€ de fonds propres, illustrent l'ampleur de la crise. Même Bernard Magrez, le très combatif patron de William Pitters, a dû se rendre à l'évidence. Malgré ses 12 millions de cols, Malesan, la marque emblématique du groupe, n'a jamais réussi à percer à l'export ni en restauration. Le rachat de William Pitters (Malesan, Jean de Beauvillon, Guerraouane...) par Castel marque une nouvelle ère, faite de concentrations inéluctables.

La crise n'est pas une exception française Pour Bruno Kessler, responsable des achats des Grands Chais de France, il est impératif que les entreprises françaises développent des marques fortes. «Qu'on le veuille ou non, ce sont elles qui permettent de fidéliser les consommateurs. » Des groupes comme Marie Brizard, les Grands Chais de France, Castel ou Baron Philippe de Rothschild l'ont compris depuis longtemps. Reste leur taille ! En France, seuls Castel et les Grands Chais de France dépassent la barre symbolique des 500M€ de chiffre d'affaires (lire encadré cidessus). Àtitre de comparaison, la capitalisation boursière du numéro un mondial, Constellation Brands, est estimée à 6,1Mrds$! Les entreprises françaises ne jouent pas dans la même cour. Mais la crise n'est pas une exception française. L'industrie viticole californienne se remet tout juste d'une forte surproduction, qui avait entraîné une chute dramatique des cours. Des milliers d'hectares de vignes ont dû être arrachés. En Australie, c'est la guerre des prix qui fait des ravages. Pour Jean-Marie Chadronnier, président de Vinexpo, la crise n'explique pas tout : «Nous ne sommes plus seuls. Aujourd'hui, il y a plus d'une cinquantaine de pays producteurs dans le monde.» Pour François Boschi, qui a passé quarante années aux commandes de Cellier des Dauphins, les entreprises françaises n'ont guère d'alternatives. «Cela fait vingt ans que la consommation de vin baisse en France. Pour écouler les stocks, il faut impérativement trouver de nouveaux débouchés à l'export.» Incontournable en France, Castel ne réalise pour l'instant que 16% de son chiffre d'affaires à l'international. Le groupe coopératif Val d'Orbieu fait à peine mieux, avec seulement 63M€ sur les marchés étrangers pour un chiffre d'affaires de 315M€. Même Mouton Cadet, qui bénéficie pourtant d'un réseau de distribution international avec Baron Philippe de Rothschild, réalise le plus gros de ses ventes (70%) dans l'Hexagone! Depuis un an, la marque Castel est présente dans 53 pays. «Les volumes ne sont pas encore à la hauteur, reconnaît Pierre Castel, le patron du groupe. Mais nous espérons bien réussir à atteindre les 50 millions de cols d'ici à cinq ans.» Si l'internationalisation est indispensable, elle comporte aussi des risques. «L'acquisition de la chaîne de cavistes Odbins, au Royaume- Uni [en 2002, NDRL], n'a pas été notre meilleure affaire, reconnaît Pierre Castel. «La situation de l'enseigne s'est révélée plus délicate que prévue, mais ça c'est arrangé avec l'aide des équipes de Nicolas. Nous sommes revenus à l'équilibre.»

Une référence malgré tout En dépit de ses difficultés à l'export, la France resterait pourtant, pour beaucoup d'étrangers, la patrie du vin. Témoin, le lancement, en septembre 2004, de Red Bicyclette par Gallo. La multinationale américaine, qui achète ce vin à la coopérative Sieur d'Arques, située à Limoux, dans le Languedoc, espère en vendre 12 millions de cols en 2006. «L'industrie du vin est en train d'évoluer et le consommateur avec», prévient Karen Ross, présidente de la Fondation des viticulteurs californiens. Les entreprises françaises doivent impérativement gagner du poids et se développer à l'export. Mais une partie de leur salut pourrait aussi dépendre de l'émergence de ses nouveaux amateurs, qu'ils habitent Londres, Pékin, Budapest ou New York. Le réalisateur de Mondovino, Jonathan Nossiter, est persuadé que «la meilleure arme des vins français, c'est leur typicité [...]. Les nouveaux consommateurs qui apprennent avec des vins faciles à boire sont capables, par la suite, d'aller vers des vins plus complexes».
HAKIM BENDAOUD

LES DERNIÈRES OPÉRATIONS
LES PRINCIPALES ACQUISITIONS RÉALISÉES EN FRANCE DEPUIS L'ÉDITION 2003 DE VINEXPO

Mai 2005 ? Vranken Monopole annonce un accord de distribution avec Listel, la marque du groupe Val d'Orbieu.

Janvier 2005 ? Le propriétaire-négociant du Vaucluse, Gabriel Meffre (40M€ de chiffre d'affaires) reprend Donatien Bahuaud (13M€), dans le Val-de-Loire.

Juillet 2004 ? Les Grands Chais de France prennent pied dans le Val de Loire en rachetant Vinival et ses marques Boire & Manger, Jean Balmont, Bleu, Marquis de Goulaine (34 millions de cols).

Décembre 2003 ? Le numéro un français, Castel, reprend les vins Malesan (12 millions de cols), Jean de Beauvillon, Guerrouane, Sidi-Brahim. ? Marie-Brizard cède la Sorevi (29 millions de cols par an) à Kriter-Patriarche. Ce dernier devient le deuxième opérateur national sur le marché des vins effervescents (hors champagne), derrière la Compagnie française des grands vins.

Octobre 2003 ? Le négociant de nuit-saint georges, Boisset, renforce son pôle vins effervescents, via l'acquisition des Caves de Bouvraie. ? Les Grands Chais de France reprennent à l'américain Constellation Brands le Domaine de vin de la Baume, près de Béziers.


DEUX LEADERS AU COUDE À COUDE


> Sur les 450 millions de bouteilles vendues l'an dernier par Castel, 400 millions l'ont été en France!



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