Nouvelles inquiétantes

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YVES PUGET EDITO
YVES PUGET EDITO© © laetitia duarte

Le non-alimentaire souffre. Bien sûr, il est toujours possible d’évoquer une météo calamiteuse ou un effet calendaire défavorable. On peut aussi accuser le commerce électronique de tous les maux ou geindre que la France compte bien trop de mètres carrés de surfaces de vente. Il n’en reste pas moins que les faits sont là et que les chiffres sont têtus. Depuis quelques mois déjà, la Fédération nationale de l’habillement tire la sonnette d’alarme. Au premier semestre 2014, le commerce de détail indépendant a comptabilisé plus de 4 500 défaillances d’entreprise. Cette année s’annonce dramatique, avec une baisse des ventes de plus de 4% et une absence de trésorerie souvent insurmontable. Et que dire de cette trentaine de centres commerciaux qui connaissent, en France, de sérieuses difficultés. Ou du taux de vacance de ces mêmes centres, qui bondit de 50% en deux ans ! À tel point que les unités ouvertes dans les années 2000 comptabilisent 10% d’espaces vides. Sans oublier le meuble, qui chute de 2,8% en septembre, et Fly, qui est à vendre « à la découpe ». Des difficultés qui viennent après les fermetures de Virgin, de Surcouf ou de The Phone House.

Et rien ne permet d’affirmer que cette triste liste s’arrêtera là. Il ne faut pas perdre de vue que, de 1992 à 2009, le parc de magasins a progressé de 3,5% par an, alors que, dans le même temps, la consommation n’a affiché que 2,1% de hausse annuelle. Sur la même période, les rendements (euros/m² de vente) ont diminué de 1% l’an, alors que les coûts d’occupation ont bondi de 3% par an, selon Procos.  

Comment en sommes-nous arrivés là ? Il ne faut pas oublier que le commerce s’est bâti sur quelques préceptes simples. Une croissance forte de l’économie : ce n’est plus le cas. Un chômage faible : plus rien ne semble arrêter sa progression. L’avènement de l’automobile : elle est aujourd’hui décriée. Des délais de paiement longs : ils ont été rabotés. Des coûts immobiliers faibles : ils ont explosé. Une inflation galopante : la déflation est de mise. Des taux d’intérêt avantageux : ils ont été revus à la baisse. Dans ces conditions, plus que des évolutions sociales et sociétales, plus que l’essor d’une nouvelle concurrence, la question de la pérennité du commerce se pose. Il faut être conscient que les « fondamentaux » sont chamboulés. Et rien ne dit que dans les mois ou les années à venir, un retour en arrière soit possible. C’est pourquoi il convient, d’abord, de reconnaître les erreurs du passé, avec des magasins et des centres trop âgés, des concepts dépassés, des offres inadaptées, des équipes parfois démotivées…

Cette autocritique réalisée, il sera grand temps de trouver de nouveaux équilibres, d’élaborer un autre business model. Cette introspection, nécessaire, ne doit toutefois pas générer du fatalisme. N’oublions pas que, quoi qu’en disent certains et quoi que démontre le développement de quelques marchés de niche, les Français raffolent toujours de la société de consommation et qu’ils guettent toujours autant la moindre innovation. Quant aux enseignes, elles jouissent de deux superbes atouts. D’une part, la force de leur ancrage territorial et, d’autre part, la puissance de leurs marques. Pour qui veut être un tantinet optimiste, le champ de l’innovation est donc gigantesque.

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Article extrait
du magazine N° 2342

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