[NRF18] Les trois innovations phares du salon passées au crible

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Robots d'inventaire, scanners corporels et nouvelles solutions de visualisation de produits sur les sites de vente en ligne : LSA tire le portrait des trois principales innovations repérées au Retail's Big Show 2018.

Les robots d'inventaire, comme celui de Bossa Nova, ci-dessus, font partie des innovations phares de la NRF 2018.
Les robots d'inventaire, comme celui de Bossa Nova, ci-dessus, font partie des innovations phares de la NRF 2018.© LSA

Les retailers friands de nouvelles technologies venus renifler l'air du temps au Retail's Big Show 2018, la grand-messe de la distribution qui se déroule à New York du 14 au 16 janvier, croiseront au fil de leurs allées et venues dans les couloirs trois innovations phares : les robots d'inventaire, les scanners corporels et de nouvelles solutions permettant de visualiser les produits en ligne.

Les robots d'inventaire scannent les rayons cinq fois plus vite que l'homme

Les clients de BevMo!, un retailer californien spécialisé dans la vente de boissons, risquent de croiser au détour d'un rayon un robot circulant en toute autonomie dans le magasin. Cette machine, qui ressemble plus à un iPhone géant qu'au rustique R2-D2 de Star Wars (voir photo ci-dessous, à gauche), filme avec ses caméras les étagères pour réaliser un inventaire des produits disponibles. Il analyse ensuite les images enregistrées avec son logiciel de reconnaissance visuelle, capable de repérer les présentoirs vides, pour que les salariés réaprovisionnent les rayonnages.

BevMo! teste depuis 2017 dans l'un de ses magasins cette technologie développée par la start-up Fellow Robots, sélectionnée par la National Retail Federation pour faire partie du laboratoire d'innovation du Retail's Big Show. Le distributeur n'est pas le seul à s'intéresser à ces robots d'inventaire : Walmart utilise depuis 2017 les machines de la jeune pousse Bossa Nova dans plusieurs de ses établissements de l'Arkansas. Il prévoit de déployer ces appareils dans 50 nouveaux espaces de vente en 2018. Et pour cause : un être humain met en moyenne 20 heures à référencer 10 000 produits (sachant à titre d'exemple que les hypermarchés de Carrefour en France proposent un assortiment de 20 000 à 80 000 références). C'est cinq fois plus que les robots de Bossa Nova et de Fellow Robots.

La National Retail Federation a également sélectionné dans sa liste de 50 start-up innovantes à ne pas manquer Cosy, qui fabrique également des robots d'inventaire (voire photo ci-dessus à droite). "Notre lancement commercial ne date que de 2016, mais nous comptons déjà 10 clients. Nous espérons être présents dans 5000 magasins d'ici fin 2019 et dans 10 000 fin 2020", souligne Ed Henkler, le directeur des opérations de l'entreprise, fondée en 2012 et basée à Philadelphie. "Les salariés de nos clients distributeurs peuvent se connecter au cerveau virtuel de Cosy même lorsqu'il est en train de réaliser un inventaire. Cela leur permet de savoir, avant que la machine n'ai terminé son travail, quels sont les premiers rayons à remplir", explique-t-il. Le robot a demandé à la société cinq ans de développement.

Les scanners corporels poussent le client à acheter plus

Costume-cravate et… chaussettes. C'est la tenue peu conventuelle qu'arborent nombre de retailers autour du stand de Volumental, start-up venue promouvoir son scanner de pieds (voire photo ci-dessous). Longueur, épaisseur, symétrie… L'entreprise mesure les principales caractéristiques des petons de ses utilisateurs et leur conseille des modèles de chaussures adaptées, tirés du catalogue produits de sa clientèle.

Créée en 2012 à Stockholm, elle commercialise sa solution depuis 2016 et compte plus de 50 clients, dont New Balance et Fleet Feet Sports. Son scanner est installé dans 1000 boutiques. 85% des personnes qui utilisent Volumental en magasin repartent avec au moins une paire de chaussures. "Les clients nous donnent leur adresse mail pour que nous leur envoyions leur scan qu'ils peuvent réutiliser plus tard sur le site de New Balance par exemple. 55% des consommateurs qui nous donnent leur contact cliquent sur le message et sont redirigés vers le site de nos clients", souligne Moritz Schiebold, PDG de la compagnie. 

Fit3D (start-up fondée en 2012 à Redwood City et également présente à la NRF 2018) effectue le même travail, mais pour le corps entier. Son scanner, au départ développé pour les sportifs voulant surveiller de près le dessin de leur musculature, est installé dans les boutiques de 10 clients retailers (cf photo ci-dessous). La société espère en placer un dans chaque cabine d'essayage des Etats-Unis, qui en compte environ un million selon son PDG Greg Moore.

Les consommateurs qui ont pris leurs mesures en magasin peuvent les réutiliser pour choisir des vêtements adaptés à leur morphologie sur la marketplace de Fit3D, créée en janvier 2017. Elle commercialise les produits de quatre distributeurs (Sene, Dress Code AI, Stantt et Esata). "Nous avons conçu ce site de vente en ligne pour prouver aux marques que notre système est efficace pour faire baisser de 10% en moyenne leur taux de retour de produits, qui est de l'ordre de 25% pour les achats de vêtements en ligne", explique le dirigeant.

La start-up Revieve est également venue présenter au Retail's Big Show sa solution, spécialisée dans la cartographie du visage. L'entreprise, créée en 2016 à Chicago, n'a pas développé de scanner physique. Elle analyse grâce à une solution basée sur des algorithmes de machine learning les selfies que lui envoient ses utilisateurs. Couleur et nature de la peau, forme de la bouche et des yeux… Ce logiciel cartographie 68 points du visage pour donner au consommateur des conseils sur le maquillage et les soins de peau qui lui correspondent le mieux dans le catalogue produit d'une ou plusieurs marques.

 "Notre clientèle est aujourd'hui composée de 10 spécialistes de la beauté et de 20 retailers. Nous allons accélérer la cadence pour attendre les 300 clients en 2019", espère Miikka Mäkiö, directeur des partenariats stratégiques de Revieve. Ces clients implémentent la solution directement sur leur site web. En moyenne, les internautes qui utilisent le mapping de visage passent entre deux et quatre fois plus à la caisse que le prospect lambda. Ils déboursent en moyenne 20 à 25% de plus que ce client type.

Visualiser les produits sous toutes les coutures

La dernière tendance innovante du Retail's Big Show concerne la visualisation de produits sur le net, améliorée par une série de solutions nouvelle génération. Les mobinautes peuvent depuis octobre 2017 voyager virtuellement dans la boutique newyorkaise de Rebecca Minkoff. La start-up Obsess (2016, New York) a créé pour la marque de luxe une expérience en réalité augmentée. Les internautes peuvent y accéder avec des lunettes adaptées ou un smartphone compatible qui leur permet de visiter le magasin à 360 degrés (900 millions de téléphones intelligents permettront fin 2019 d'accéder à ce type d'expérience mobile selon Obsess).

Les consommateurs touchent le sac ou le pantalon qui leur plaît du bout les doigts pour le sélectionner. Ils peuvent ensuite le faire pivoter pour l'observer sous toutes les coutures. Un double clic sur l'article permet de faire apparaître la fiche produit correspondante et d'ajouter l'objet au panier. Lancée commercialement il y a 6 mois, Obssess travaille avec deux autres clients. "Ces entreprises, qui cherchent à interagir plus étroitement avec les internautes, ont été notamment convaincues par les chiffres de Snapchat : les utilisateurs de l'application passent un tiers de leur temps à exploiter les fonctions de réalité augmentée développées par le réseau social", explique Neha Singh, PDG de la compagnie.

Sans forcément aller jusqu'à visualiser le produit à 360 degrés, les internautes qui s'apprêtent à dépenser 200 dollars pour acheter un canapé en ligne veulent être certains que la couleur ou le motif qu'ils ont choisi est réellement à leur goût. Or la plupart des sites d'e-commerce ne proposent des clichés que d'une ou deux versions de leurs articles, car tirer 25 fois le portrait d'un divan sous prétexte qu'il existe dans 25 coloris différents leur coûte trop cher.

Everthread (fondée 2014 et basée à Dallas) a développé une solution qui change automatiquement la couleur, les motifs ou la texture dudit canapé, à partir d'une seule et unique photo. Le distributeur n'a qu'à envoyer une capture d'écran des teintes et dessins qu'il veut voir déclinés sur son produit. L'internaute passe en moyenne 25% de temps en plus sur les sites de vente en ligne des retailers utilisant Everthread selon une étude réalisée par l'entreprise. Elle annoncera au mois de mars 2018 son premier gros client, un distributeur américain. L'entreprise espère réaliser 500 000 euros de chiffre d'affaires en 2018 et prévoit d'être rentable dès cette année. 

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