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Nutella : les dessous d'une incroyable rumeur

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Mais qui cherche des noises à Nutella ? Pas l’Union européenne en tout cas. Le Parlement européen a précisé hier mardi que, contrairement à une rumeur née en Italie et relayée sur Internet, les étiquettes du produit star de Ferrero ne devront pas mentionner « dangereux pour la santé ». En fait, la curieuse rumeur semble s’être propagée sur une série de malentendus qui trouvent leur source le 16 juin dernier. Les eurodéputés adoptent à cette date un projet de règlement harmonisant et renforçant les règles d'étiquetage des produits alimentaires. Le texte prévoit simplement de mieux mettre en évidence la composition et la qualité nutritionnelle des produits alimentaires de grande consommation, ainsi que de limiter les campagnes publicitaires mettant en avant les bienfaits pour la santé de certains produits, si ces allégations ne sont pas clairement établies. Pourtant, le lendemain, irrité par le renforcement des mentions obligatoires sur les produits alimentaires, Paolo Fulci, le vice-président de Ferrero, maison-mère de Nutella, s'en prend aux nouvelles règles européennes, qu'il accuse d'"influencer les habitudes et les aspects les plus intimes de la sphère personnelle".  L"affaire prend rapidement un tournant politique dans le Piémont italien, patrie de Nutella, lorsqu'un député de La Ligue du Nord, le mouvement populiste allié de Silvio Berlusconi, lance un comité de soutien « Touche pas à mon Nutella ». Puis la presse italienne s'empare de l'affaire et brandit la menace d'une mise à l'index du Nutella avant que les groupes de soutien ne commencent à fleurir, rassemblant plusieurs certaines de milliers d'adeptes de la pâte à tartiner. Pourtant, dès le 21 juin, le groupe Ferrero lui-même avait démenti la rumeur naissante en publiant sur son site internet un communiqué expliquant que « l'issue du vote, contrairement à ce qui a été rapporté dans plusieurs organes de presse, n'a aucun impact sur la communication actuelle de Nutella ». En l'occurrence, loin de forcer les groupes agro-alimentaires à adopter des règles d'étiquetage trop strictes, les eurodéputés avaient finalement rejeté le système de feux tricolores (vert, orange et rouge) sur l'emballage, qui aurait permis aux consommateurs de repérer directement les qualités nutritionnelles d'un produit. « Il s'agit en fait d'un vote plutôt favorable au Nutella, car étant donnée la composition de la pâte à tartiner, elle aurait probablement dû comporter un feu de signalisation rouge sur son emballage », explique Alberto Alemanno, professeur de droit européen et directeur de la revue spécialisée European Journal of Risk Regulation. Au moment du vote au Parlement de Strasbourg, les associations de consommateurs avaient même protesté contre ce qu'elles jugeaient être une victoire des industries agro-alimentaires au détriment des consommateurs.

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