Nutrition, les bonnes leçons des industriels

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Les acteurs de l’épicerie utilisent tous les outils de communication à disposition pour éduquer les Français dans leur consommation et les aider à mieux se nourrir. Avec, parfois, quelques ratés.

Trop sucré, trop gras, trop riche… Aujourd’hui, l’épicerie sucrée est remise en question par des consommateurs qui ne veulent pas pour autant renoncer au plaisir du goût. Des ingrédients sont pointés du doigt, comme le sucre ou l’huile de palme accusés, à haute dose, de favoriser l’obésité, le cholestérol ou les maladies cardiovasculaires. Entre suspicion et théorie du complot, ils ont fait l’objet de mesures de santé publique depuis une dizaine d’années. À travers le PNNS (Plan national nutrition santé) notamment, qui pousse depuis 2005 les industriels à améliorer la qualité nutritionnelle des aliments. Après avoir augmenté au fil du temps les teneurs en ingrédients attractifs (sucré, gras, salé), ces fabricants ont fait marche arrière, revu les formulations et les recettes de leurs produits pour diminuer les teneurs en sucre ou en acides gras saturés.

Argument marketing...

C’est le cas de poids lourds comme Nestlé ou Kellogg’s, de filières comme celle des fruits transformés (compotes, confitures…), ou encore de la confiserie de poche où 60% des produits sont maintenant étiquetés « sans sucre ». Certains en ont fait un argument marketing, à l’instar de Jacquet-Brossard. Il a communiqué en mars 2014 autour du retrait de l’huile de palme dans son célèbre Savane au profit d’une matière grasse inédite, composée en majorité d’huile de colza, qui aurait permis de maintenir la fameuse « vague » du Savane sans en altérer le goût, ni modifier le prix de ce dernier.

« Plutôt que de jeter l’anathème sur un nutriment, c’est en travaillant sur les modes de consommation, les aliments à privilégier et en axant la prévention sur les gros consommateurs que l’on pourra combattre le véritable ennemi de la santé : l’excès de calories », ­martèle pourtant le professeur Bernard Guy-Grand, ancien chef du service de nutrition à l’Hôtel-Dieu à Paris.

Certains s’y attellent. L’Association nationale des industries alimentaires (Ania) a diffusé en décembre 2014 une nouvelle série de minifilms, intitulée Les Défis d’Alfridge, sur les chaînes de télévision et relayée sur Dailymotion et YouTube. « L’idée est d’aller sur l’éducation alimentaire pour expliquer aux enfants comment associer les aliments avec un maximum de fun et de convivialité, précise Amaury Bessard, directeur de la communication de l’Ania. Il ne s’agit pas d’injonctions, mais plutôt de permettre aux enfants d’intégrer des repères. »

Autre démarche pour conseiller les consommateurs dans la ­composition de leurs repas quotidiens, celle de Mondelez International qui a annoncé la sortie, en ce mois de février, d’une application gratuite. I love biscuits propose des idées de goûters ou de petits déjeuners, intégrant des biscuits et biscottes du groupe Mondelez International (LU, Prince, Milka, BelVita…), adaptées en fonction de l’âge, du sexe et du moment de consommation. « Ce qui compte le plus, c’est la façon dont les enfants et les adultes vont s’emparer de nos produits et les consommer, souligne Anne Génin, directrice marketing biscuits et développement durable de Mondelez. Il faut accompagner le public, le guider dans un bon usage des produits. »

… ou « coup marketing»

Distriborg, le leader de l’alimentation bio, a choisi de son côté d’aller au printemps 2014 à la rencontre des consommateurs, avec un food truck à sa marque Bjorg pour distiller conseils et astuces afin de cuisiner des produits bio. Mais toutes les initiatives ne font pas l’unanimité.

En témoigne celle de Carrefour qui a mis en place en décembre 2014 un indicateur de consommation sur ses marques de distributeurs. Ce système d’information « À quelle fréquence », élaboré avec un comité d’experts de l’alimentation et de la santé publique, indique à quelle fréquence les aliments peuvent être consommés, pour une alimentation variée et équilibrée. Le système prend la forme de quatre pictogrammes présents sur les emballages des produits, représentant des fréquences de consommation différentes : trois fois, deux fois, une fois par jour, et de temps en temps.

Une méthode réfutée par une partie de la communauté scientifique, certains allant jusqu’à la qualifier de « coup marketing » et plaidant pour un étiquetage nutritionnel simplifié unique. De quoi continuer à alimenter le vaste débat autour de la nutrition et de son information.

le contexte

  • Mise en place parles pouvoirs publics en 2001 du Plan national nutrition santé (PNNS) contre l’obésité.
  • Signature parles industrielsd’une charte initiée par le CSA en novembre 2013, promouvant une alimentation et une activité physique favorables à la santé dans les programmes et les publicités diffusés à la télé.
  • Entrée en vigueuren novembre 2013du règlement Inco relatif à l’étiquetage.

 

« i love biscuits », l’application nutritionnellement correcte de Mondelez 

  • Quand? En février 2015
  • Où? Sur smartphoneset tablettes.
  • Comment? Après avoir sélectionné le momentde consommation, l’application « I love biscuits » de Mondelez propose de définir un profil d’utilisateur simple (âge et sexe), dont les données restent stockées en local. L’utilisateur peut ensuite choisir, selon ses goûts, le biscuit qu’il souhaite, et doit renseigner le lieude consommation. L’application lui livre alors une liste de propositions équilibrées pour les petits déjeuners et les goûters. Et lui donne accès aux valeurs nutritionnelles de la composition du repas qu’il a choisi.
  • Pour qui? « I love biscuits » est destinée aux parentsd’enfants de 3 à 14 ans, aux adolescents de 15 à 19 anset aux adultes bien portants.

 

L’ANIA s’appuie sur sa série « Alfridge » pour s’adresser aux plus jeunes

 

 

 

 

  • Quand? Depuis novembre 2014
  • Où? Sur 26 chaînes de télévision, et sur les réseaux sociaux Dailymotion et YouTube depuis décembre 2014.
  • Comment ? Lancée par l’Association nationale des industries alimentaires (Ania), une série de 9 programmes courts où deux enfants acceptent de relever le défi d’épater copains et parents avec une recette de cuisine. Ce défi est lancé par un personnage fictif et attachantdu nom d’Alfridge qui fait découvrir que la cuisine du quotidien peut être facile, ludique, conviviale, accessible et équilibrée. Une recette simple est réalisée avec5 ingrédients en cinq minutes et pour moins de 5 €.  
  • Pour qui? Les enfants de 8 à 12 ans et leurs parents.

 

Bjorg sillonne la France avec son food truck

 

 

 

 

  • Quand? Au printemps 2014
  • Où? Dans six grandes villes de France : Paris, Lille, Bordeaux, Nantes, Nice et Lyon.
  • Comment ? Dans le cadre de la 5e édition des Ateliersbio nutrition, qui visent à sensibiliser les Français aux principes de nutrition, le spécialiste de l’épicerie bio en grande distribution, Bjorg, a parcouru la France avec son camion itinérant. Au programme : des ateliers nutrition animés par la diététicienne Laurence Salomon, des cours de cuisine, et des dégustations sur place ou à emporter.
  • Pour qui? Le food truck a accueilli tous les curieux : le grand public comme les adeptes de la marque.

 

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Article extrait
du magazine N° 2352

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