OPPORTUNITÉS

Des agriculteurs qui saccagent des magasins, des industriels qui pestent contre la coopération commerciale, des pouvoirs publics qui ne cessent de vouloir limiter l'impact des hypermarchés : la grande distribution pâtit d'une mauvaise image. Le phénomène n'est pas nouveau. Il est même très ancien. Sous l'Ancien Régime, un aristocrate qui se lançait dans le commerce dérogeait à son rang ! LSA, avec l'aide de Guillaume Tell Tendances, a voulu savoir si ces clichés historiques ne finissaient pas, enfin, par s'estomper. Et quel meilleur moyen de le savoir que de s'adresser aux étudiants, ceux-là mêmes qui s'apprêtent à entrer dans la vie active. Autant de collaborateurs potentiels au regard à tout le moins acéré (lire le dossier pages 56 à 64).

Il apparaît clairement, en effet, que les jeunes ne dérogent pas à la règle. Conditions de travail pénibles, rémunérations peu attractives et image déshumanisée demeurent fortement ancrées dans la mémoire collective. Résultat : sur 40 % des étudiants qui ont effectué un passage dans la grande distribution, 75 % ne souhaitent plus y travailler ! Dur constat. Heureusement, ce sondage exclusif dévoile aussi quelques signes d'espoir. D'abord, les étudiants ne parlent pas de LA distribution. Ils différencient, par exemple, parfaitement les hypermarchés du hard-discount... Et tous les groupes ne sont pas logés à la même enseigne. Juste récompense de stratégies parfois trop floues ou de politiques parfaitement maîtrisées. Et ce dernier scénario semble le plus probable puisque 60 % des étudiants déclarent avoir aujourd'hui une bonne image de la distribution. Encore plus encourageant, ils sont 76 % à estimer que le secteur est porteur en termes d'évolutions de carrière. Mais attention de ne pas crier victoire trop tôt. Le phénomène est connu : lorsque le marché de l'emploi s'effondre, la distribution, toujours active dans le recrutement, en profite pour redorer son blason. Les étudiants deviennent alors plus élogieux qu'auparavant et parlent de dynamisme, voire même de secteur compétitif. Une bonne chose. Mais encore faut-il transformer l'essai. En effet, à quoi sert-il d'être une terre d'accueil lors de période de ralentissement si, dès que l'économie repart, les talents vont voir ailleurs ? Plus que jamais, les distributeurs doivent peaufiner leur stratégie de recrutement, améliorer l'insertion des jeunes et développer une véritable politique managériale. Car c'est bien dès aujourd'hui que se forgent les images de demain.

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Article extrait
du magazine N° 1830

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