Ouverture dominicale, le "oui mais" de Anne Hidalgo

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Emmanuel Macron veut classer Paris en zone touristique internationale où les magasins seraient ouverts le dimanche et en soirée, jusqu’à minuit. Anne Hidlago, maire de Paris, est d’accord mais moyennant certaines conditions, notamment avec l’avis conforme de la municipalité, et selon des critères "stricts" et "objectifs".

Le boulevard Haussmann sera-t-il classé en zone touristique internationale (ZTI)? Réponse au printemps.
Le boulevard Haussmann sera-t-il classé en zone touristique internationale (ZTI)? Réponse au printemps.

Réuni hier, le Conseil de Paris a débattu des fameuses zones touristiques internationales (ZTI), sur lesquelles les députés vont se pencher à la fin de la semaine et la semaine prochaine dans le cadre du projet de loi Macron. Très attendue sur un sujet sur lequel elle se trouve en porte-à-faux avec le gouvernement, Anne Hidalgo s’est quelque peu adoucie. Elle s’est dit  "ouverte" à la création de ZTI, mais selon des critères "stricts" et "objectifs" de mesure de fréquentation touristique. Comme le pourcentage de paiement détaxé ou la densité en magasins de luxe. Et avec l’aval de la mairie, autrement dit d’elle-même…

Huit zones touristiques, Anne Hidalgo coincée

Paris est actuellement découpé en huit zones touristiques. Un rapport de la mission d’information et d’évaluation (MIE) remis en décembre à Anne Hidalgo se prononçait contre l’ouverture des magasins le dimanche dans Paris, et notamment contre le classement en ZTI. Ce rapport constatait notamment que 25% des commerces étaient déjà ouverts le dimanche à Paris. Le lobby des grands magasins, l’UCV, était alors monté au créneau, chiffres à l’appui. Selon ce dernier, l’impact économique de l’ouverture le dimanche se solderait par 5% de chiffre d’affaires supplémentaire et la création de 2000 emplois. Les quatre grands magasins parisiens (Galeries Lafayette, Printemps, BHV et Bon Marché) représentent à eux quatre 1,3 milliard d’euros de chiffre d’affaires. Coincée entre une majorité municipale opposée à l’ouverture dominicale et le gouvernement, Anne Hidalgo joue une partie serrée.

Autant d’arguments auxquels Anne Hidalgo répond. "Prenons l’exemple du boulevard Haussmann qui serait classé en ZTI. La mairie doit pouvoir vérifier plusieurs sujets comme les compensations pour les salariés ou le risque d’encombrement le dimanche par les bus de l’entourage des magasins", justifie l’Hôtel de Ville, selon lequel "tous les parlementaires de la gauche parisienne [les] soutiennent". La mairie veut en outre instaurer des clauses de revoyure, avec possibilité de retirer l’autorisation de travail dominical en cas de non-respect des engagements des enseignes, sur les créations d’emploi par exemple. Un refrain qui rappelle le Pacte de responsabilité. Anne Hidalgo devrait se décider, une fois le cadre législatif connu, après le printemps.

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