Panasonic remet sa filiale française en ordre de bataille

Géant mondial comparable à Sony, le groupe Matsushita occupe des positions fortes en Europe, mais souffre d'une faiblesse endémique sur le marché français. De nouveaux dirigeants et une réorganisation interne sont censés corriger - enfin - cette anomalie.

Les prémices sont apparues à la fin 2003, lorsque Panasonic France a annoncé la nomination au poste de directeur général de Michel Galiana-Mingot, ancien dirigeant de Sony France et haut responsable de Sony Europe. Le mouvement s'est confirmé début mars, avec l'arrivée à ses côtés de Laurent Abadie, autre ancien dirigeant de Sony. Un duo embauché, cela n'a rien d'un secret, pour permettre à la marque grand public du groupe japonais Matsushita d'occuper sur le marché français la place qui devrait naturellement être la sienne. Mais où il ne parvient pas à se hisser. Analyse sibylline de Michel Galiana-Mingot : « Le groupe attend beaucoup du développement de Panasonic en France. » Sans doute s'agit-il d'un euphémisme. Les réorganisations, en tout cas, n'ont pas tardé à venir (lire la liste des mesures annoncées en encadré), et concernent avant tout les relations de la marque avec ses distributeurs. La plupart des modifications sont effectives depuis le 1er avril. Et notamment celle qui consiste, selon Laurent Abadie, à « recentrer les ressources et les moyens sur les distributeurs à fort potentiel de croissance ». Ce qui implique à l'inverse que beaucoup de petits points de vente spécialisés devront travailler avec des grossistes régionaux et n'auront plus de relation directe avec Panasonic France.

 

Un objectif ambitieux

Sans jamais citer son ancien employeur, Sony, Laurent Abadie doit néanmoins avoir quelques éléments de comparaison en tête lorsqu'il explique : « Panasonic a longtemps été perçu comme un groupe n'écoutant pas ses distributeurs. Ma mission est d'accompagner un grand changement, qui verra l'entreprise se tourner vers l'extérieur, vers la distribution et les clients. » « Dans le métier, on appelle Panasonic le " monstre froid ", confirme l'acheteur d'un groupement de spécialistes des produits bruns. Un groupe qui fait des produits de haute technologie, d'excellente qualité, parmi les meilleurs du monde, mais qui ne sait pas les vendre ! Cela fait quinze ans que je travaille avec eux, et leur incapacité à appliquer une politique commerciale dynamique m'a parfois découragé... »

La nouvelle direction voit dans ces critiques la principale raison à la faiblesse, atypique, de Panasonic en France. Le groupe y revendique environ 5 % du marché, contre 10 % à 15 % dans les autres grands pays d'Europe. L'objectif d'aligner la France sur ses voisins, semble donc aussi ambitieux que limpide. « Le diagnostic formulé par les nouveaux dirigeants est le bon, poursuit le distributeur. Nous prenons acte de leurs décisions nous concernant, et nous attendons d'en observer les résultats. Panasonic nous a habitués à un décalage entre les paroles et les actes, et le travail à effectuer est immense, aussi resterai-je prudent. Mais nous connaissons bien Laurent Abadie : il a du talent et de la ressource. » À lui de profiter de ce temporaire état de grâce.

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Article extrait
du magazine N° 1857

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