Panne de l'emploi dans les hypers

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La grande distribution enregistre les effets de la déflation et des baisses de chiffre d'affaires. Seul le hard-discount augmente encore ses effectifs, au rythme de ses ouvertures de magasins.

De fortes menaces sur l'emploi. Dès les premières rencontres autour du projet de loi Sarkozy au début 2004, les distributeurs avaient mis en garde les politiques sur la principale conséquence d'une baisse massive des prix. Et d'une suppression des marges arrière. Le rapport de branche de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD), paru fin octobre, montre que les répercussions sur l'emploi n'ont pas tardé à se concrétiser. En 2004, et le fait est inédit dans l'histoire du secteur, les effectifs globaux de la grande distribution ont reculé.

Avec 630 000 salariés recensés au 31 décembre 2004, l'effritement est, certes, limité à 0,09 %. Mais la baisse de 0,8 % en hypermarchés est beaucoup plus significative. Elle est à rapprocher d'un autre ratio, celui de l'augmentation des mètres carrés : en 2004, la surface de vente totale des hypermarchés a progressé de plus de 4 %. Le phénomène touche moins les supermarchés, dont les effectifs ont stagné, pendant que la hausse des surfaces était limité à moins de 0,4 %. Dans le hard-discount, enfin, le recrutement progresse au même rythme depuis plusieurs années, celui des ouvertures de magasins.

Dans la conjoncture de déflation actuelle, la variable masse salariale se retrouve logiquement en ligne de mire. En particulier dans la distribution, où les états-majors ont les yeux rivés sur un chiffre : le coût salarial du hard-discount, estimé à 3,5 % du chiffre d'affaires, quand il peut représenter 7,5 %, hors charges, dans une enseigne classique.

Le taux d'encadrement diminue en hypers

Le contexte économique n'explique pas tout. Depuis plusieurs années, les grandes surfaces alimentaires, surtout les hypers, sont en- gagés dans une rationalisation des effectifs, qui s'est d'ailleurs traduite par un ralentissement continu des recrutements depuis 2001. « On note clairement que le taux d'encadrement dans les magasins diminue, fait observer Paule Saint-Léger, directrice du service juridique et social de la FCD. Nous sommes passés d'une moyenne de 15-16 % à 13 % aujourd'hui. »

« Les hypers ont été longtemps surdotés en cadres, confirme Christine Tregouët, consultante en ressources humaines. Après pas mal de tâtonnements sur l'organisation optimale, nous assistons aujourd'hui à une redistribution importante des fonctions en magasins. » Cette tendance s'apparenterait à un amoindrissement des responsabilités des hypers, de plus en plus engagés dans une logique d'exécution. Plutôt paradoxal, au regard des politiques de décentralisation et de retour du pouvoir aux magasins affichées par les différentes enseignes.

La centralisation des fonctions support - logistique, informatique ou marketing - commence d'ailleurs à faire sentir ses effets sur le niveau des effectifs, de même que la diminution continue des stocks. À l'horizon se profile également la montée du prêt-à-vendre, qui permet des gains de temps de mise en rayon estimés à 50 %. Rien ne semble donc devoir enrayer l'érosion de l'emploi dans la distribution. Bien au contraire. Si la FCD ne dispose pas aujourd'hui de données pour le confirmer, elle laisse entendre que l'année en cours devrait faire plus que confirmer le renversement de tendance enregistré en 2004.

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Article extrait
du magazine N° 1927

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