Paris veut montrer la voie de la logistique durable

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Quatre-vingts distributeurs, transporteurs ou institutionnels ont paraphé la « charte de transport durable » de la Ville, fin septembre. Elle donne la parole aux acteurs de logistique urbaine et fixe des objectifs.

Le transport fluvial est considéré comme une piste prometteuse pour livrer la capitale. depuis deux ans, Franprix défriche un nouveau secteur en acheminant ses produits d’épicerie par la Seine.
Le transport fluvial est considéré comme une piste prometteuse pour livrer la capitale. depuis deux ans, Franprix défriche un nouveau secteur en acheminant ses produits d’épicerie par la Seine.

La Ville de Paris passe la deuxième vitesse en matière de logistique durable. Sept ans après une première charte qui se penchait déjà

LES OBJECTIFS

  • Réduire les « externalités négatives » du transport de marchandises : pollution au diesel, encombrement de la circulation, bruit...
  • Massifier l'entrée et la sortie des marchandises de Paris en privilégiant le train et le fleuve
  • Optimiser la distribution dans Paris

sur « les bonnes pratiques des transports et des livraisons de marchandises sur Paris », et approuvée par 47 signataires, un nouveau souffle se propage dans la capitale. Fin septembre, 80 acteurs de la logistique parisienne, distributeurs-chargeurs (Franprix, Casino, Point.P...), transporteurs (DHL...), représentants professionnels et institutions (Afilog, Ports de Paris...) ont paraphé une nouvelle « charte de transport durable à Paris ».

 

Boum de la logistique urbaine

« Son objectif est de poser les bases d'une organisation logistique à l'échelle du Grand Paris, analyse Sandrine Lespérat, directrice

Les principales pistes

  • Envisager la logistique à l'échelle du Grand Paris
  • Créer de nouveaux espaces logistiques urbains (ELU), pour réaliser le dernier km avec des véhicules plus propres
  • Construire un « hôtel logistique » pour maintenir les livraisons en zone dense, en privilégiant la multimodalité (embranché ferroviaire) et la mixité des activités
  • Déployer un réseau de bornes de recharges pour les véhicules électriques
  • Soutenir les expérimentations innovantes, comme le tram-fret ou les livraisons à pied ou à cargocycles électriques
  • Examiner l'opportunité de livraisons nocturnes et silencieuses, en contrepartie d'une certification « Certibruit », pour éviter l'encombrement de la journée

déléguée d'Afilog, une association professionnelle qui se préoccupe de la logistique de demain. Elle a à la fois le mérite de mettre les acteurs autour de la table sur des projets concrets, puisque seize groupes de travail sont prévus, et d'envisager une stratégie à un niveau pertinent en logistique, celle du Grand Paris. »

Un travail qui, selon le maire (PS) de Paris, Bertrand Delanoë, doit permettre de « préserver l'activité commerciale, tout en optimisant et en modernisant le transport et les livraisons de marchandises, pour en limiter les nuisances. » Parmi les nombreuses pistes de travail (lire encadré ci-contre), l'une fixe notamment l'objectif suivant : 50% des livraisons dans la capitale faites hors diesel, d'ici à 2017-2018.

Les chiffres

  • 200 000 m² : Les surfaces logistiques disparues à Paris
  • 20% : La part du transport des marchandises dans le trafic routier intramuros

Sources : Associations professionnelles, Mairie de Paris

« Bien que non contraignante, cette charte démontre que les pouvoirs publics ont conscience de la mutation de la logistique urbaine,qui s'accélère », constate Christelle Meckler, responsable environnement de DHL Express. De fait, au cours des dix dernières années, la logistique accompagne l'évolution du commerce : le nombre de magasins alimentaires de proximité, par exemple, a augmenté de... 70% dans Paris intramuros, tandis que l'e-commerce progresse de plus de 10% par an, sur une logique de livraison à domicile ou en point relais. « Aujourd'hui, un quart de nos flux totaux concernent des livraisons aux particuliers. Ce chiffre était de seulement 10% il y a encore quelques années », témoigne Christelle Meckler. Dans le même temps, sur les quatre dernières années, près de 200 000 m2 de surfaces logistiques ont disparu du paysage parisien, pour seulement 3 000 m2 créées, selon les chiffres des professionnels.

« C'est une occasion idéale pour échanger avec les décideurs et les élus, et appuyer les bonnes pratiques que nous mettons en place, comme la massification des flux et les propositions de véhicules adaptés aux milieux urbains », se réjouit Geoffroy Ehrismann, responsable de réseau dans le Groupement Astre, qui fédère des PME de transport et livre, à Paris, les distributeurs en palettes de produits Unilever, notamment.

 

Travail dans la continuité

« L'intérêt pour nous, c'est aussi de parler de stratégie de logistique urbaine et de benchmarker nos pratiques de transport responsable au sein des groupes de travail », appuie Max-Antoine Grolleron, directeur des transports du Groupe Point.P. Ce dernier est déjà engagé dans le sujet au travers de sa démarche maison RSE (Responsabilité sociétale de l'entreprise) « Evoluvert » avec, par exemple, des livraisons urbaines réalisées avec six camions fonctionnant au gaz naturel de ville (GNV). « Jusqu'à présent, ni les véhicules hybrides, ni ceux électriques ne se montrent économiquement viables. Le problème, pour le GNV, c'est que nous ne disposons de quasiment aucune borne de recharge en ville ! Cela complique les choses. » Un point qu'il souhaite relayer dans le cadre de la charte. Pour leur part, les principales candidates à la mairie de Paris en 2014, Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP) et Anne Hidalgo (PS), ont d'ores et déjà témoigné de leur intérêt pour les questions de logistique urbaine. Un point fondamental pour que les acteurs puissent inscrire leurs actions dans la continuité.

L’intérêt est aussi de parler et de benchmarker nos pratiques de transport responsable au sein des groupes de travail.

Max-antoine Grolleron, directeur des transports du Groupe Point.P

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Article extrait
du magazine N° 2293

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