Part de marché d’avril 2021: le retour en grâce d’E.Leclerc et des hypermarchés

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L'évolution de la part de marché d'E.Leclerc (+1,4 point) et surtout du format des hypermarchés (+4,2 points) en mars/avril 2021 sonne comme une revanche. Qui s’explique avant tout par un effet de comparaison favorable (lié au confinement 2020), et à un fort retour des clients en magasin.

Les hypermarchés E.Leclerc ont connu un fort rattrapage lié au retour des clients dans ce format de magasins.
Les hypermarchés E.Leclerc ont connu un fort rattrapage lié au retour des clients dans ce format de magasins. © Redwolf studio/E.Leclerc

Après avoir bu la tasse il y a un an, les hypermarchés et E.Leclerc prennent logiquement leur revanche. C’est dire si la dernière période analysée par Kantar est à lire avec des pincettes. Car la P4 2021, qui s’étend du 22 mars au 18 avril, est comparée à la même période de 2020 et donc à la désertion des magasins en plein début du confinement strict, doublée d’un bouleversement des réseaux. Selon les données du panéliste, le groupement E.Leclerc caracole donc en tête, avec un gain de 1,4 point sur cette P4 2021 (à 22,1%), grâce au recrutement de 1,9 millions d’acheteurs.
Selon nos informations, cette performance est à mettre à l’actif du réseau de magasins physiques, à +1,7 point, alors que les drives de l'enseigne ont, eux, reculé de 0,3 point. Une baisse surprenante ? Non, car relative et attendue, compte tenu de la base de comparaison élevée, et de l’effondrement des hypermarchés il y un an, compensé alors par l’explosion du drive à des niveaux incroyables.

Les Français de retour dans les hypers

Les évolutions par circuit permettent de mieux comprendre ces évolutions. Sur la période des 4 dernières semaines étudiée par Kantar, le circuit des hypermarchés a ainsi gagné 4,2 points (et 2,8 millions de foyers), ce qui correspond plutôt à un retour à une situation plus classique, en comparaison avec des magasins vides en mars-avril 2020. Par un effet de balancier, les supermarchés, grands gagnants du confinement, sont cette fois en recul de 1,5 point, un moindre mal par rapport au circuit de la proximité, qui dévisse de 2,6 points. Les ex discounters sont à +0,5 point (et 2,3 millions de foyers supplémentaires).
Le circuit online (drive en écrasante majorité) recule de 0,7 point, pour atteindre une part de marché néanmoins conséquente de 9,3%. "Il gagne cependant 3 points de part de marché valeur entre avril 2021 et avril 2019 et maintient quasiment son niveau de pénétration (18,6% en avril 2021 contre 19,3% en 2020 et 10,9% en 2019)" signale le panéliste.

E.Leclerc n’est pas le seul à progresser, loin de là. Lidl "continue d’imprimer son rythme en progressant de 0,9 point et atteint une part de marché valeur de 6,5%" note Kantar, qui cite un gain de 2,2 millions de foyers et un parc en expansion, avec 25 points de vente supplémentaires. Le groupe Carrefour gagne lui 0,6 point (à 19,6%). Une croissance qui repose avant tout sur les grands formats, alors que la proxi Carrefour est en recul de 1,2 point selon nos informations.
Aldi, stimulé par un gain de près de 1,1 million d’acheteurs, et par la transformation d’une partie du parc de Leader Price, gagne 0,3 point à 2,5%. Pour les groupement Les Mousquetaires, la part de marché s’améliore de 0,1 point sur la P4 pour s’établir à 16,7%. Un coup de mou ? Pas vraiment, et même une grosse performance, car ce gain est à mettre en perspective d'une progression qui était déjà de 1,7 point l’an dernier sur la même période.
Pour le groupe Casino, le recul est de 2 points selon nos informations, dont -0,8 pour l'ensemble Géant+ Supermarchés Casino, -0,4 pour Monoprix et -0,5 pour Franprix, les deux enseignes de centre ville ayant surperformé il y a douze mois. A noter qu'Auchan ne profite visiblement pas de ce retour en forme des hypermarchés.
Un trafic offline en hausse de 21% par rapport à la même période de 2020
Preuve supplémentaire du caractère atypique de la P4, les ventes de PGC-FLS sur la période ont baissé de 3% (le recul était de 10,6% sur la P3 2021). Mais sur une base de 52 semaines, le chiffre d’affaires a augmenté de 5,1%. "Après une croissance exceptionnelle des PGC-FLS l’an dernier à la même période (confinement strict), l’évolution des dépenses est logiquement moins forte cette année. Les dépenses des foyers sont néanmoins en augmentation versus 2019 (+ 11%) et les Français reviennent faire leurs courses physiquement sur la période 4" note Kanter. Le trafic Offline, c’est à dire en magasin, progresse ainsi de 21% par rapport à la P4 2020 lors de laquelle il s’était effondré.


 

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