Partenariat : Décathlon travaille avec des champions

|

Depuis quatre ans, les marques Passion de Décathlon utilisent les compétences de sportifs de haut niveau pour concevoir des produits innovants et concurrentiels.

«La plupart des grandes marques de surf s'intéressent au sponsoring des champions uniquement pour utiliser leur image, Elles les considèrent comme des pancartes publicitaires, sans se préoccuper de leurs com- pétences pour concevoir des produits ! » Le constat de Nicolas Capdeville, champion du monde de bodyboard en 2002 et en 2003, pourrait paraître excessif s'il n'était confirmé par d'autres sportifs. À 33 ans, dont la moitié consacrée à la compétition, et quasiment autant sous contrat avec la marque Gotcha, il a choisi, fin 2002, de solliciter Décathlon pour devenir le partenaire technique de sa marque, Tribord. Et d'oublier le sponsoring, qui lui a laissé une certaine amertume.

Un échange fructueux

Il fait partie des 32 partenaires actuellement sous contrat avec les autres marques Passion de Décathlon. Parmi eux, des champions connus (Fabrice Santoro, Karine Ruby (snowboard), l'é-quipe cycliste AG2R) et d'autres moins médiatiques, comme David Caude pour l'escalade. Décathlon a donc choisi d'investir non pas dans le sponsoring, mais dans des collaborations avec des sportifs, privilégiant le partage de leurs compétences à l'utilisation de leur image. « Le premier a été signé en 2000 avec le grimpeur David Caude, par ailleurs salarié de Quechua, et le deuxième entre l'équipe de football du LOSC de Lille et la marque Kipsta », précise Frédéric Croccel, directeur de la communication de Décathlon. Depuis, les contrats se sont multipliés dans six des sept marques Passion. Seule Domyos (running et fitness) n'en dispose pas encore. Toutes s'appuient sur l'expérience de ces champions pour développer des produits de plus en plus sophistiqués, à des prix très concurrentiels. Exemple : la toute nouvelle combinaison de surf Inergy de Tribord. Débutant ou confirmé, le surfeur passe plus de 80 % de son temps à ramer. Partant de ce principe, les ingénieurs de Tribord, Nicolas Capdeville et des surfeurs de l'équipe de France ont planché pendant un an pour créer une combinaison confortable... vendue au prix compétitif de 199 E.

« L'intérêt de cette démarche est de concevoir des produits innovants à des prix abordables, car ce sont les pratiquants les moins chevronnés qui ont besoin d'utiliser le meilleur matériel », confirme David Caude, troisième au championnat du monde d'escalade 2003 et vendeur à mi-temps au magasin Quechua de Sallanches, en Haute-Savoie. Avant d'être partenaire de Quechua, il était, lui aussi, sponsorisé par des grandes marques qui ne l'ont jamais sollicité pour la conception de leurs produits. Deux ans après leur création, ses chaussons Vuarde Tech représentent les meilleures ventes de Décathlon dans ce domaine. « Sans doute grâce à leur positionnement prix, mais aussi parce qu'ils associent technicité et confort, une caractéristique peu ou pas prise en compte par nos concurrents. »

Chacun y trouve son compte. À travers le partenariat technique, les sportifs sont valorisés et fiers des produits qu'ils ont contribué à élaborer. Pour Décathlon, c'est un ascenseur rapide vers la notoriété et la technicité, deux qualités qui lui faisaient défaut. Dans le ski par exemple, où du chemin reste à par-courir. « Au début, quand je portais le matériel Quechua, on se moquait de moi en compétition. Aujourd'hui, certains me demandent la marque de mes équipements », conclut Romain Raisson, vainqueur de la Verbier Ride 2003 et partenaire technique de Quechua pour le ski.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 1879

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous