Patron de multinationale à la française

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DossierCe polyglotte et voyageur de 57 ans multiplie les faits d’armes à l’international comme en termes d’innovations. Une belle adaptation pour quelqu’un se disant, au départ, « pas très fana » de l’électroménager

 

L’année 2011 est forte de symboles pour Thierry de La Tour d’Artaise, PDG du groupe Seb. Depuis janvier, le numéro un mondial du petit équipement ménager (3,65 milliards d’euros de chiffre d’affaires 2010) a de nouveau le droit d’exploiter la marque Moulinex dans huit pays d’Europe à l’export. Il l’avait perdu suite au rachat de son concurrent il y a dix ans. La reprise éclair – et l’intégration réussie – de Moulinex est le premier fait d’armes de Thierry de La Tour d’Artaise comme PDG.

 

Esprit de conquête

Autre motif de satisfaction : cet automne, l’entreprise lyonnaise a été autorisée à racheter les ultimes parts minoritaires détenues par les fondateurs de Supor, pour monter à 71,3 % du capital. Or, la prise de contrôle du fabricant chinois d’articles de cuisson, fin 2007, est le deuxième grand mouvement stratégique impulsé par Thierry de La Tour d’Artaise. Aujourd’hui, la Chine est le deuxième pays du groupe (15 % des ventes), derrière la France (17 %).

Et Seb poursuit sur sa lancée : il a acquis, cette année, le leader colombien des articles culinaires et un spécialiste vietnamien des ventilateurs.

« Les langues étrangères m’amusent, l’international me passionne », explique le PDG. Ce Lyonnais polyglotte et voyageur, qui travaillait occasionnellement comme steward sur Air France pendant ses études à Sup de Co Paris, s’est initié, à l’époque, aux langues orientales ; a appris le portugais pendant son service militaire à l’ambassade de France à Lisbonne ; peaufiné son anglais à Boston dans une compagnie d’assurances, son premier job, et rodé sa maîtrise de l’italien en redressant une filiale transalpine du groupe Chargeurs…

Les langues étrangères m’amusent, l’international me passionne.

THIERRY DE LA TOUR D’ARTAISE, PDG du Groupe Seb

Valeurs humanistes et savoir-faire industriel

Bien qu’il soit marié à Bénédicte Lescure, membre de la famille fondatrice de Seb, ce parcours n’aurait pas dû le mener à Écully (69), siège du groupe. Au départ « pas très fana » des fers à repasser et des Cocotte-Minute et peu attiré par les entreprises familiales, il se laissera séduire « par la dimension déjà internationale et innovante du groupe et par les valeurs humanistes qui l’animent ».

Une culture d’entreprise qui va finalement comme un gant à ce patron de 57 ans, décrit en interne comme « très accessible et à l’écoute ». Seb s’est révélé être pour lui un terreau fertile.

« Exportateur à destination des marchés matures et des classes aisées des pays émergents, nous sommes devenus fabricant pour les classes moyennes du monde entier, décrit Thierry de La Tour d’Artaise. Nous avons renforcé l’innovation en la rapprochant du marketing, de la recherche et de la production : seul ce savoir-faire industriel nous a, par exemple, permis d’inventer la friteuse sans huile Actifry. Et ce sont ces produits à forte valeur ajoutée que l’on peut fabriquer en France. » Grâce à cette stratégie, le groupe a multiplié son chiffre d’affaires par deux, sa marge opérationnelle, par trois, et son résultat net, par quatre, en dix ans.

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