Pesticides : la FCD «déçue» par Bruxelles et les producteurs français

La FCD a exprimé sa désapprobation vis à vis de Bruxelles qui va repousser de cinq ans la ré-évaluation des pesticides et par les mauvais résultats des producteurs de fruits et légumes français dans ce domaine.

  «C'est un très mauvais signal que la Commission de Bruxelles donne aux citoyens en ne respectant pas ses engagements », a déclaré ce matin Jérôme Bédier, président de la Fédération du commerce et de la distribution, à l'issue d'une réunion de son Comité scientifique.  En effet, la Commission européenne devait procéder à l'évaluation des pesticides, soit 834 substances mises sur le marché avant juillet 1993 et une centaine apparues depuis lors, pour en déterminer la nocivité. La directive (loi) prévoyant cette évaluation avait été prise en 1991 et les conclusions devaient être publiées en 2003. La date serait en fait repoussée de cinq ans. 

La FCD s'inquiète aussi des résultats de l'étude annuelle de la Direction de la santé à la Commission européenne, qui fait apparaître la France comme le plus mauvais élève de l'Europe pour les résidus de pesticides contenus dans les fruits et légumes. Selon l'étude, en effet, 54,4 % des fruits et légumes français analysés  contenaient des résidus de pesticides, contre 49,3 en 1999. «Nous attendions une amélioration,  d'autant que le débat sur l'agriculture raisonnée est lancé depuis quatre ans. Le monde agricole doit changer ses pratiques, dans l'intérêt du consommateur. Cette question doit être prioritaire». La France est le troisième utilisateur de pesticides dans le monde, après les Etats-Unis et le Japon. 

La FCD a par ailleurs fait réaliser une étude sur les mycotoxines (des toxines potentiellement cancérigènes sécrétées par des champignons) qui se trouvent dans les céréales, les graines d'arachides et les fèves de cacao. Ces toxines s'accumulent dans l'organisme (foie, reins) avec des effets à long terme peu connus. «Il n'y a pas de risque immédiat, mais le caractériser permettra de le combattre », a souligné Jérôme Bédier. Les limites maximales à la présence de certaines mycotoxines ont été fixées par Bruxelles en avril. La présence de mycotoxines concernent autant les produits d'importation que les céréales produites en France.

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