Philippe Bouriez optimiste pour Cora

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Ni la perte d'Opéra, ni le départ récent de son affilié Vindémia, ni la sentence mi-figue mi-raisin du tribunal arbitral dans le conflit qui l'oppose à Casino ne semblent altérer la confiance du patron de Cora.

À écouter le très discret patron du groupe Cora GMB qui a accordé la semaine dernière à LSA l'un de ses rares entretiens, son entreprise se porte à merveille. « Les ventes de Cora se situent au-dessus de l'indice de la profession (FCD), assure Philippe Bouriez, et je préfère diriger un groupe privé doté de solides positions régionales plutôt qu'un groupe multinational qui d'ailleurs ne revendique plus la deuxième position mondiale mais la première place européenne » L'allusion à peine voilée à Carrefour prouve que le chef du clan Bouriez n'a rien perdu de son mordant.

La rupture avec Casino, accompagnée de la dissolution fin 2002 de leur centrale d'achats Opéra, et l'annonce, il y a quelques jours, du départ du plus important affilié de sa centrale d'achats, Vindémia, la filiale de distribution du groupe Bourbon et de Casino, ont pourtant de quoi l'affecter. Elles écartent en effet son groupe du concert des grands de la distribution française, en limitant son poids économique dans l'alimentaire à environ 4,4 % des ventes.

Reste que Philippe Bouriez, qui n'a de cesse de dénoncer l'illusion de l'effet de taille - « il y a extrêmement peu de produits communs à l'achat, y compris entre le nord-est de la France et la Wallonie », ne voit que des éléments positifs à ce relatif isolement. « Je suis très satisfait des résultats des négociations 2003 effectuées par Provera France, la structure qui s'est substituée à Opéra : ils sont tout à fait dans la ligne de ce qu'on aurait pu espérer avec Casino ! »

Même sérénité concernant le départ de Vindémia, dont 9 hypers portaient l'enseigne Cora et étaient approvisionnés par le groupe : « Le contrat arrivait à échéance à fin 2003 et, vue la position de Casino dans le capital, ce départ était dans l'ordre des choses. Cela représente 653 millions d'euros sur un total de 12 milliards d'euros pour l'ensemble du groupe. Ce n'est pas grand-chose et c'est d'autant plus indolore qu'en matière de royalties nettes de charge, notre partenariat avec Vindémia rapportait peu. »

Mais la grande affaire de Philippe Bouriez est ailleurs, dans le conflit qui l'oppose à Jean-Charles Naouri, l'actionnaire majoritaire de Casino, dont il considère qu'il l'a trahi. « La confiance étant rompue, il ne m'est désormais plus possible de traiter avec Casino, tant que son actionnaire majoritaire n'aura pas changé », tranche-t-il.

 

Une procédure très lente

Sur le terrain judiciaire, il s'estime en meilleure position que son rival. Cela quel que soit le scénario envisagé : une victoire totale (annulation de la vente par Carrefour à Deutsche Bank des 42,39 % du capital de Cora-GMB et de l'equity swap entre la banque et Casino qui donne à ce dernier une option prioritaire sur cette participation d'ici à 2006), partielle ou même une défaite. « Dans ce cas, la situation de Casino comme actionnaire minoritaire sera encore moins confortable que celle de Carrefour, puisque attachée à une sous holding du groupe Louis Delhaize. En outre si le comportement de Carrefour était hostile, celui de Casino a été jugé gravement fautif par le tribunal arbitral », avance le PDG de Cora (voir LSA n° 1802) qui fait de cet argument le point central de sa nouvelle offensive.

« Ces éléments pourraient inciter les actionnaires minoritaires de Casino à s'interroger sur la pertinence d'un investissement qui leur coûterait près de 1,2 milliard d'euros », poursuit Philippe Bouriez. D'autant que la procédure promet d'être longue. Le jugement ne se fera au mieux pas avant la fin de l'année. Et avec les appels et les recours, l'affaire pourrait durer plus de deux ans.

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Article extrait
du magazine N° 1807

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