Philippe Mangin (Coop de France) à l’assaut de la grande distribution sur les négociations commerciales

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Volée de bois vert contre la grande distribution lors de l’Assemblée des coopératives hier à Paris. Philippe Mangin, président de Coop de France, a réitéré son annonce selon laquelle il ne « participera pas aux travaux annoncés par les ministres de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Consommation tant que ceux-ci n’interviendront pas en urgence pour les filières en difficulté, comme ils en ont fait l’annonce le 21 novembre » et que soit garantie une « négociation commerciale loyale et juste qui ne soit pas la loi du plus fort ».

Philippe Mangin

Les négociations commerciales sont en cours depuis plusieurs semaines et doivent être bouclées fin février. Apparemment, elles sont très dures, les distributeurs appelant à ce que les céréaliers aident la filière animale et les fournisseurs appelant à une répercution de la hausse des matières premières dans les tarifs.

Scandaleux de demander une péréquation

« Je trouve scandaleux que certains patrons de la distribution aient le toupet de proposer ces péréquations, a ajouté le président des coopératives, qui joue également à cette occasion sa réélection. Cette façon qu’à la grande distribution de se défausser sur le secteur céréalier cache en fait un autre réalité, elle est en plein repositionnement stratégique compte tenu de la fragilité de son modèle d’expansion, avec des consommateurs qui boudent les hypermarchés, des implantations en centre-ville plus chères, un développement du drive qui nécessite de lourds investissements et une guerre des prix exacerbée par la perte de pouvoir d’achat. Au final, la grande distribution se tourne vers nous pour financer sa compétivité ».

"Prérequis de solder la perte de marges"

Philippe Mangin a également dénoncé "le prérequis" selon lequel les enseignes « demandent aux fournisseurs de solder la perte de marges sur 2012 avant d’envisager un référencement pour 2013, alors que les gammes se réduisent que les places dans les rayons sont de plus en plus limitées et de plus en plus chères ». Il a rappelé que Leclerc avait « révisé ses prévisions de croissance à 8 % au lieu de 4 % et que les Mousquetaires ont clôturé un chiffre d’affaires global de 37 milliards d’euros en hausse de 6 %. « Quand au groupe Auchan, il a annoncé des profits de 810 millions d’euros pour 2011 à partager avec l’actionnariat familial ». Le tout pour conclure « qu’il est temps que la LME soit effective en garantissant réellement des règles équitables dans la répartition des marges par des contrôles de la DGCCRF ». 

Des amendements dans la loi Hamon

Le président du lobby des coopératives annonce qu’il proposera des amendements dans la future loi Hamon, notamment en donnant un vrai pouvoir de sanction pour les agents de la Répression des Fraudes. Visiblement, les négociations commerciales se tendent. L’Ilec a dénoncé la semaine dernière la crainte de devoir faire les frais du soutien annoncé aux PME par Michel Edouard Leclerc pour les entreprises réalisant moins de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires. La perspective de la loi Hamon pourrait bien ajouter de l’huile sur le feu, même si, la semaine dernière, Jacques Creyssel, délégué général de la FCD, assurait aux députés de la Commission des affaires économiques que "les négociations se passaient normalement", enjoignant ceux-ci de ne pas modifier la LME.

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