Philippe Marini, ancien président de la Commission des Finance, démissionne du Sénat

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Le sénateur Philippe Marini, ancien président de la Commission des finances au Sénat, a rendu son tablier, officiellement pour des raisons de cumul des mandats. Le Sénat perd l’un de ses meilleurs experts en fiscalité et en finances publiques, dont le Parlement manque pourtant cruellement.

Le sénateur Philipe Marini a décidé de démissionner du Sénat
Le sénateur Philipe Marini a décidé de démissionner du Sénat

Le sénateur de l'Oise Philippe Marini ne siègera plus au Palais du Luxembourg. Il avait tenté de prendre la présidence du Sénat, finalement revenue à Gérard Larcher, lors de la dernière élection sénatoriale. Puis en octobre, il avait dû céder sa place de président de la Commission des Finances à la socialiste Michèle André, lorsque la droite est redevenue majoritaire au Sénat, cette présidence revenant de facto à un élu de l’opposition, comme c’est le cas à l’Assemblée nationale.

Expert en fiscalité

Le départ de Philippe Marini est assurément une perte pour le sénat sur le plan de la connaissance fine des finances publiques et de la fiscalité. Philippe Marini a notamment été l’auteur de propositions de lois ou a soutenu la lutte contre l’optimisation fiscale des sites en ligne, qui crée une distorsion de concurrence vis-à-vis des entreprises physiques implantées sur le territoire. Il avait également été chargé par l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy de suivre l’application de la RGPP (Révision des politiques publiques), et notamment de la suppression d’un poste de fonctionnaire sur deux à l’occasion des départs à la retraite.

Lois votées au doigt mouillé

Son expertise manquera d’autant plus que cet ancien inspecteur des finances publiques, le poste le plus élevé dans la hiérarchie des hauts fonctionnaires, est l’un des rares parlementaires a bien maîtriser la fiscalité et les finances publiques. A droite comme à gauche, cette expertise manque beaucoup au Parlement, et les lois fiscales, avec taxes, impôts ou fiscalité locale, sont votées au doigt mouillé, en se basant sur une forte connotation politique et rarement sur les effets économiques pour les ménages et les entreprises.

Officiellement pour cause de non-cumul des mandats

Philippe Marini explique sa démission en raison du maintien du non-cumul des mandats. Il souhaite rester maire de Compiègne, et président de l’agglomération, et reprendre une activité de banquier-conseil. Mais il a aussi été critiqué pour l’utilisation de sa réserve parlementaire – un budget qui peut être utilisé pour aider des communes à investir et qu’il aurait concentré sur celle dont il est le maire,  et une affaire… d’optimisation fiscale pour l’évaluation d’un bien immobilier détenu par sa famille depuis les années 30. Décidément… car le président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale a lui aussi été mis en cause sur la déclaration fiscale de la pharmacie qu’il détient avec sa femme. Le plus dépitant, c’est que ce dernier n’a pas agi pour l’appât du gain, mais parce que les lois que ces parlementaires votentsont d’une telle complexité que l’insécurité juridique est permanente…

 

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