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Makiko Ono, présidente d’Orangina Suntory France

Jeter un pont entre la France et le Japon 

Makiko Ono est arrivée à la tête d’Orangina Suntory France (OSF), filiale de Suntory Beverage?&?Food (SBF), l’une des cinq branches du groupe japonais Suntory. Première femme et première Japonaise à occuper ce poste?! Makiko –?prénom qui signifie sincérité (Ma) et noblesse (Ki)?– Ono remercie d’ailleurs la famille Torii, propriétaire du groupe, pour sa confiance. Cette native de Yokohama est entrée chez Suntory en 1982, après avoir étudié à la Tokyo University of Foreign Studies, suivi d’un Executive MBA obtenu à Lausanne. Son premier job?? «?J’étais dans l’équipe qui s’est occupée de l’acquisition de Château Lagrange?», se souvient cette amatrice d’opéra. C’était la première fois qu’un Japonais achetait un château bordelais. Les négociations et l’obtention des autorisations françaises, âpres, ont duré deux ans. En 1991, elle arrive à Paris pour diriger Suntory France, alors constitué du saint-julien Château Lagrange et de 40?% de Château Beychevelle.Depuis, elle a enchaîné des postes de direction à Tokyo et à Londres. Avant de revenir à Paris, elle dirigeait les ressources humaines et le développement durable pour SBF. Très sensible au débat sur la fin de vie des bouteilles en plastique, elle fait aujourd’hui la tournée des usines d’OSF. «?Le contact est facile. Elle parle français et est très chaleureuse?», dit l’un des employés. Elle a pour mission de booster OSF, deuxième acteur des soft-drinks en France, avec 20,2?% du marché en valeur… loin derrière Coca-Cola (49,6?%). «?Au Japon, nous avons réussi à resserrer cet écart, qui n’est plus que de 4?%?», dit-elle. De son pays, elle apporte aussi une grande capacité à innover (de nouveaux parfums chaque mois) et une maîtrise des boissons au thé. Si OSF a vécu de façon très indépendante de Suntory pendant les dix ans qui ont suivi l’acquisition, le groupe reprend aujourd’hui la main avec Makiko Ono. ? S. Leb