Avec ses nouvelles boutiques, Sensee joue la carte du cross-canal [En Images]

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Sensee change de modèle, mais pas de philosophie. L’e-marchand de lunettes se lance dans le monde physique avec l’ouverture consécutive de deux boutiques en novembre 2015, à Paris et Marseille. Pas encore prêts à acheter leurs lunettes sur Internet, les Français demandent à être rassurés avec des magasins siglés Sensee. 

Romain Ricard
Sensee a ouvert une première boutique à Paris

Sensee a choisi le quartier des Halles à Paris (1e) pour implanter sa première boutique...

"Nous sommes transparents sur le sujet, le premier modèle n’a pas suffisamment fonctionné pour tenir". Anne-Cécile Galloy, directrice marketing et communication de Sensee est formelle, après quatre années passées en ligne, les chiffres du pure-player ne sont pas suffisants pour garder ce système. "Pour tenir, il faut dessiner, fabriquer, et distribuer nous même, pour être compétitif" annonce-t-elle. Sensee ne lâche pas pour autant l’affaire, le pure-player de la lunette entend toujours casser le monopole des opticiens. Sensee revoit son modèle en ouvrant des boutiques physiques à Paris et Marseille, en novembre 2015. Contrairement aux Etats-Unis, ou au Royaume-Uni, la vente de lunettes en ligne n’a pas décollé en France. Sensee mise donc sur le cross-canal, essentiellement "pour rassurer les gens" analyse Anne-Cécile Galloy.

Avec ses boutiques, Sensee veut "établir un premier contact avec les Français, montrer que nous sommes des vrais opticiens avec des vrais diplômes". En descendant dans les centres villes, l’e-commerçant compte "se présenter comme une marque en vrai" affirme la directrice marketing et communication de Sensee. La marque de lunettes made in France se heurte aussi depuis 2011 aux barrières législatives. Trois lois ont été votées depuis, et pourtant aucune n’a encore imposé aux ophtalmologues d’inscrire l’écart pupillaire sur les ordonnances. Cette mesure, plus pratique, faciliterait considérablement le travail de Sensee, "cela serait une vraie avancée" note Anne-Cécile Galloy.  

En optant pour le cross-canal, Sensee veut devenir le basique de la lunette

Le pure-player opte pour le cross-canal, "c’est l’idée fondatrice, notre fer de lance, la force et la solidité du modèle" assure Anne-Cécile Galloy. Entre le site marchand et la boutique physique, les ponts sont permanents, ils existent à chaque étape. Un client peut débuter son expérience où il veut, finaliser sa commande en ligne comme hors ligne, récupérer ses produits en magasin ou se faire livrer. "C’est le pilier du modèle, note Anne-Cécile Galloy, on offre 100% la même chose et les mêmes prix sur le web comme en boutique". Le site ne pratiquant pas de frais de livraison, il n’y a aucune variation de tarif. Sensee se démarque toujours de ses concurrents par son offre : des lunettes labellisées made in France, avec des montures à 49 euros. Le manifeste de Sensee reste inchangé : "Répondre à la définition même du basique, être la petite robe noire de la lunette, le jeans de la lunette, proposer des lunettes pour le plus grand nombre" explique Anne-Cécile Galloy.

Le refus du digital à tout prix en boutique

En magasin, Sensee présente 30 modèles hommes et 30 modèles femmes, en quatre couleurs, de ses lunettes fabriquées à Oyonnax (01) près du Jura. Les modèles de cette collection courte de 270 références sont classées par familles en fonction de leurs formes générique. La boutique se veut conviviale avec une table centrale, et du bois omniprésent. "Nous n’avons pas voulu faire du digital à tout prix, explique Anne-Cécile Galloy, il n’y a pas de gadget, mais seulement des éléments qui peuvent améliorer l’expérience client". Composées d’équipes d’environ 8 personnes, les boutiques parisiennes et marseillaises sont dotées d’iPad pour présenter les collections. Un miroir digital permet aux clients de photographier les essayages de montures pour se les envoyer. Une innovation qui aide, notamment, les myopes à choisir plus facilement leurs lunettes. Anne-Cécile Galloy bannit les écrans morts des murs de ses boutiques, les éléments digitaux doivent être utiles.

D’autres boutiques dans les grandes villes françaises

Marqué du sceau du web, Sensee a donc ouvert une boutique de 77m² rue Rambuteau à Paris (1e) et une autre sur deux étages, rue Saint-Ferréol à Marseille (6e). La marque de lunettes a décidé de s’implanter dans les grandes villes françaises. L’idée n’est pas de créer un réseau, mais de matérialiser la marque aux yeux des Français. Le pure-player, qui mise sur le cross-canal, n’abandonne pas son ADN numérique. "Si ce modèle fonctionne, pourquoi ne pas le garder ? questionne Anne-Cécile Galloy, les boutiques deviennent des showrooms, et Sensee s’inscrit dans cette tendance". L’e-commerçant descend dans les villes avec sa logique web : des phases de tests and learn, "nous sommes aussi curieux que vous de voir ce qu’il va se passer". Fidèle à sa philosophie, Sensee veut toujours casser les règles du marché de l’optique. Stable il a été estimé à 5,8 milliards d’euros en 2014. Chez Sensee le modèle évolue mais le crédo reste le même : une proposition claire et juste, des montures made in France de qualité à 49 euros, ni plus, ni moins. "S’ils le veulent, les autres peuvent faire de même" sourit Anne-Cécile Galloy. 

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