Le Divan prouve qu'il y a une alternative à Amazon

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La librairie Le Divan, institution parisienne, met ses atouts en valeur pour faire valoir ses spécificités : un cadre attrayant, et une équipe de vingt libraires qui jouent pleinement leur rôle.

UNE INSTITUTION PARISIENNE

La librairie Le Divan, dans le XVe arrondissement de Paris, fêtera ses cent ans dans quatre...

A la librairie Le Divan, rue de la Convention à Paris, jusqu’à la fin de l’été… il n’y avait pas de divan. C’est tout bête, on le concède, mais cela apporte d’emblée une cohérence à un concept. C’est, assurément, la première chose que les équipes de l’agence Lonsdale, avec le directeur de la librairie, Philippe Touron, ont évoquée quand ils ont commencé à réfléchir aux nécessaires travaux de rafraîchissement de cette institution parisienne, bientôt centenaire.

Ce fameux divan trône donc désormais en maître au cœur des 430 m² d’espace de lecture. « C’est, en plus, tout sauf seulement décoratif, avance Philippe Touron. Nous organisons chaque année quatre-vingts rencontres avec des auteurs, qui trouvent désormais naturellement leur place autour de ce divan quand, auparavant, nous nous contentions de sortir rapidement une table de nos bureaux. »

Retrouver un temps lent

Sans compter que, le reste du temps, les lecteurs se l’approprient, ce divan. Certes, une librairie n’est pas une bibliothèque, mais elles ont toutes les deux malgré tout le livre en commun. Et puis, surtout, vouloir trop les différencier serait se couper des attentes des clients. On n’achètera jamais un roman comme une boîte de petits pois, et c’est encore largement heureux. « Notre ambition était de faire en sorte de retrouver un temps lent, comme coupé du monde pour quelques longues minutes, avec une ambiance propre à générer de la relation », explique Jérome Pacau, directeur du pôle architecture et retail chez Lonsdale.

Baptisé en interne ACD, pour « Amazon can’t do », ce concept a pour leitmotiv « de ne surtout pas chercher à singer Amazon mais, au contraire, à mettre en avant toutes les spécificités d’une librairie, que jamais un site internet ne pourra offrir », précise Hélène Gosset, directrice de marque chez Lonsdale.

De fait, si, de prime abord, tous les « vendeurs de livres » sont sur les mêmes marchés, avec les mêmes « produits », la différence tient à deux choses essentielles : le cadre, « qu’il soit de bon goût et agréable », plaide Philippe Touron, et, évidemment, la présence de libraires pour conseiller.

Dénicher les pépites

Ils sont ici une armada de 20 personnes, mais ils sont chacun les piliers de tout l’édifice. Et quand on met l’accent sur leur rôle de conseil, c’est en réalité surtout en amont qu’il s’exerce. « 80 % des ventes se font sans intervention directe du libraire, explique ainsi Philippe Touron. J’insiste sur le “directe”, car cela signifie que le libraire, en plaçant le bon livre, au bon endroit, au bon moment, a parfaitement réalisé son travail. » Et puisqu’on évoque le métier en lui-même… « Un emploi d’épicier fou, s’amuse Philippe Touron. Sur un mois normal, hors rentrée littéraire, par exemple, je réalise 75 % de mon chiffre d’affaires avec des livres vendus à un seul exemplaire, et peut-être 5 % avec des ventes à plus de 5 ou 10 exemplaires. » Un Amazon, a contrario, pour ne citer que ce nom, sans lui dénier ses qualités importantes – sur le livre d’occasion et le livre rare notamment –, aura tendance à être bien plus suiveur que prescripteur. En d’autres termes, très bon sur le best-seller attendu de longue date, mais pas forcément pour dénicher de nouvelles pépites.

Cela, c’est, et ce sera toujours, le travail des libraires. Car la richesse de ce métier, c’est son offre, et la compétence de ses hommes. Et le concept en lui-même, bien sûr. Au Divan, en plus des tons blanc et noir du mobilier, harmonieux, la lumière est particulièrement soignée : chaude, agréable et, en plus, mettant parfaitement les livres en valeur.

En chiffres

  • 430 m² de surface de vente
  • 4,4 M€ de chiffre d’affaires
  • en 2015 :  20 libraires employés

Source : Le Divan

« Sur un mois normal, hors rentrée littéraire, par exemple, je réalise 75 % de mon chiffre d’affaires avec des livres vendus à un seul exemplaire. »

Philippe Touron,directeur de la librairie Le Divan

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